operavivi : Wagner l'Enchanteur

Jon Vickers et Wagner                    Jon Vickers

Hommage à Wagner


À l'heure où sous l'aurore, hymne vague d'éveil

Où les flûtes de Tout modulent leurs murmures,

L'âme des violons, sourdant sous les ramures,

Humainement soupire et monte du sommeil.


Soudain, étourdissant le prélude vermeil,

Un cor de guerre ulule, et sous les forêts mûres

La horde des héros dardant l'or des armures

Déferle en cavalcade aux hourras du soleil :


Lohengrin, Tannhæuser, et Parsifal le Chaste,

Dont les pennons de pourpre ondulent avec faste,

Chevauchent aux clameurs de cymbales d'airain !


Ils vont : et quand s'endort la splendeur de leurs glaives

Un chœur de harpes sur le seul rythme serein

Remémore l'horreur de l'Idéal des rêves.


Stuart Merrill

affiche de la première représentation à Bayreuth

Hommage

 

Le silence déjà funèbre d'une moire

Dispose plus qu'un pli seul sur le mobilier

Que doit un tassement du principal pilier

Précipiter avec le manque de mémoire.

Notre si vieil ébat triomphal du grimoire,

Hiéroglyphes dont s'exalte le millier

À propager de l'aile un frisson familier !

Enfouissez-le moi plutôt dans une armoire.

Du souriant fracas originel haï

Entre elles de clartés maîtresses a jailli

Jusque vers un parvis né pour leur simulacre,

Trompettes tout haut d'or pâmé sur les vélins,

Le dieu Richard Wagner irradiant un sacre

Mal tu par l'encre même en sanglots sibyllins.

Stéphane Mallarmé

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