operavivi les autres grands ténors wagnériens

commis le 16/01/04

Les chanteurs wagnériens
      Allant contre les idées reçues de son époque (pas de panique, on a les mêmes), Bernard SHAW dans Le parfait wagnérien (in Écrits sur la musique 1876-1950, collection Bouquins de Robert Laffont) donne une explication possible à la longévité d'un Lauritz Melchior et de quelques autres grands noms wagnériens :

        "Au lieu de destiner les parties vocales, comme Verdi et Gounod, à des sopranos hurlantes, des ténors bêlants et des barytons à trémolo, avec une tessiture réelle d'une quinte environ située dans l'extrême aigu de la voix, ainsi qu'à des contraltos au registre de poitrine étendu de force à la voie entière, à la façon des chanteuses de music-hall, Wagner emploie toute l'étendue de la voix humaine, ce qui demande à chacun près de deux octaves. La majeure partie du travail s'effectue aisément dans le médium de la voix, laquelle est néanmoins sollicitée d'un bout à l'autre, une partie soulageant l'autre de façon salubre et continuelle. Wagner est avare de notes aiguës et quant à l'accompagnement orchestral, il le ménage toujours avec soin et ingéniosité. Même lorsque le chanteur semble dominer tous les tonnerres de l'orchestre, un coup d'oeil à la partition montre qu'on l'entend bien, non parce qu'il a une voix de stentor, mais parce que Wagner voulait qu'on l'entendît."

Lauritz MELCHIOR

Copenhague 20.03.1890 Santa Monica (USA) 18.03.1973
Né danois, mort américain…
Son site avec illustrations sonores

        D’abord baryton (il a chanté Amfortas), Lauritz Melchior est Le Ténor de Wagner, parfait dans tous les rôles wagnériens

         Il a chanté dans des choeurs d'enfant et a débuté à Copenhague comme baryton en 1913. Il aide en répétition une contralto américaine, Madame Charles Cahier, en lui prêtant la réplique dans les airs du Conte di la Luna de l'acte IV du Trouvère et il l'étonne par son aigu puissant ; à sa suggestion il reprend de 1917 à 1918 des études de chant en tant que ténor sous la férule du ténor Vilhelm Herold (1865-1937) et fait ses débuts de ténor en chantant Tannhäuser en 1918. Il fait des débuts internationaux triomphaux en 1924 à Covent Garden, il chante à Bayreuth de 1924 à 1931. Il est ensuite un habitué du MET, et termine sa carrière aux USA en chantant dans des films (on peut voir un extrait d'un de ses films dans le DVD The Art of Singing, référence Warner, 0630-15898-2) et en donnant des tournées dans des music-halls !    

      Comme plus tard Jon Vickers Vivi, Lauritz Melchior a chanté Verdi en Otello et Radamès, Canio de I Pagliacci et Samson de Samson et Dalila. C'est le meilleur Siegmund au disque (meilleur que Jon Vickers Vivi = voui, mais ça n’empêche pas que Vivi Vickers reste mon préféré), son enregistrement du premier acte de la Walkyrie avec Lotte Lehman sous la direction de Bruno Walter est le morceau d'anthologie de toute cédéthèque wagnérienne, il est reparu récemment (11.03) couplé avec l'acte II sous la direction de Bruno Seidler-Winkler (avec les débuts de Hans Hotter en Wotan, référence Naxos 8.110250-51 2 CD), un Parsifal peut-être pas à la hauteur de son Siegmund (trop héroïque) mais quand même supérieur à 99 % de ses rivaux, et si l’on en croit Pierre Flinois, et l’on aurait tort de ne pas le croire, supérieur à 150 % : « en 1939, avec Malko un tempo plus retenu permet […] une véritable introspection, et de loin, la meilleure de toutes les versions existantes. Car, absolue par le legato, le timbre et la retenue, cette fois positive par son apport, la ligne de chant atteint à un éclat dans la douceur, à une vigueur dans la délicatesse qu’on cherchera en vain avant et après ». S’il n’a pas, malgré la belle formule de Jean-Vincent Richard (Autrement), été que « le chevalier d’un seul Graal : Wagner », puisqu’il chanta, et comment, Otello, il reste quand même dans nos cœurs et nos CD le Heldentenor de référence.
       Il aurait chanté Parsifal 81 fois, Lohengrin 106 fois, Tannhäuser 114 fois, Siegfried 128 fois, Siegmund 188 fois et Tristan 229 fois.
         Je le juge supérieur à Lorentz, et je ne suis pas le seul. Le ténor wagnérien des 3 derniers siècles, c’est lui (bon, OK, je n’ai entendu aucun ténor wagnérien du 19ème mais si on ne peut plus faire preuve d’un minimum de mauvaise foi sur son propre site…).

Melchior Siegfried


Ramon VINAY

Chillan 31 août 1914
Ténor chilien
      Baryton ses 5 premières années de carrière (début comme Di Luna en 38), il vira ténor en chantant Don José et il revira baryton en 1962 avec Iago et Telramund. Sans doute le seul chanteur connu à avoir interprété Otello et Iago, on lui a parfois reproché d’avoir gardé « une certaine nuance sombre de baryton ». Hôte régulier de Bayreuth de 1952 à 1957, il s’y illustra en Siegmund, en Parsifal. Il fut aussi un interprète réputé d’Otello (avec Toscanini), ce qui accentue la ressemblance avec Vivi Vickers, avec qui il ne supporte pourtant pas la comparaison aux yeux de Karajan (et aux miens, croyez-vous ?). Il avait (comme Jon Vivi le Vickers) une excellente présence scénique, un « jeu dramatique, émouvant et noble ».

Info ouaib

Ramon (bel) Otello

Question de Richard Osborne - Vous avez enregistré Tristan et Isolde avec lui [Jon Vickers], mais vous avez aussi dirigé Ramon Vinay, l'Othello de Toscanini, à Bayreuth, après la guerre.

Réponse de Karajan - Oui, mais Vickers était bien meilleur.

 

Max LORENZ

Düsseldorf 10 (?) mai 1901 Salzbourg 11 janvier 1975
Ténor allemand
   Il a chanté à Bayreuth de 1932 à 1939 et en 1952 ! Notamment Walther von des Vogelweide de Tannhäuser (son premier rôle en 1927 à Dresde), Tristan ou Siegfried. Il était doté d’un aigu exceptionnel et intense et fut également un Otello de première classe (la classe exceptionnelle étant réservée à qui ? mais à Vivi Jon Vickers himself !).

Info ouaib

Max Siegfried

 

Wolfgang WINDGASSEN

Annemasse 26 juin 1914 Stuttgart 8 septembre 74
Ténor allemand

      Fils de ténor, il débuta à 27 ans en Alvaro. Ce fut le Parsifal de la reprise de Bayreuth en 1951, nous disposons du disque du Kna-Bayretuth-51 pour juger d’un talent certain, peut-être un peu frêle pour le rôle à cet âge (31 ans contre les 38 de Vivi le Vickers dans le même rôle au même endroit avec le même chef mais pas la même voix ni la même présence). Sa voix est distinguée, sa diction et son accent (allemand, et pour cause) excellents, ce qui pour l‘accent n’est pas évident pour tous (…) . Certains le considèrent comme le plus grand ténor wagnérien de l’après-guerre, ce qui peut s’expliquer par sa bien plus grande participation à Bayreuth (de 1951 à 1970 !) que Vivi Vickers (rappelons-le, 2 rôles seulement en 2 années, Siegmund en 1958 et Parsifal en 1964). Un grand Walter, un Parsifal que je juge inférieur à Vivi, mais que d’émotions ! « Si Wagner a trouvé un jour un poète pour chanter ses poèmes, c’est celui-là ».

Windgassen, juvénile Siegfried

Autres ténors

René Kollo

Gotthelf Pistor

Siegfried Jerusalem

Jess Thomas

Svet Svanholm

Vasteras 2 septembre 1904 Stockholm (près de) 4 octobre 1964
     Ténor suédois Après six années comme baryton (encore un !), il reprit des études pour chanter en ténor (Radamés en 1936), son répertoire présente des analogies avec celui de Jon le Vivi Vickers : Radamés, Siegmund, Otello, Tristan, Peter Grimes ! Il a chanté à Bayreuth en 1942, au Met de 1946 à 1956 et était réputé comme le meilleur des Tristan et Siegfried de l’immédiat après-guerre.

James King

Dodge City 1925
Ténor américain

      Encore un ténor qui commença comme baryton, mais après des études instrumentales (piano et violon). Il chante comme ténor à l’âge de 32 ans et commence à Bayreuth à 40 ans comme Siegfried. C’est un Heldentenor délicat, ce qui n’est ni un compliment ni vraiment une critique.


Helge Roswaenge

Copenhague 29 août 1897 Munich 19 juin 1972
Ténor danois (né de parents allemands)

    Il chanta aussi bien Tamino de la Flûte que Florestan de Fidelio ou Parsifal. Il fut membre de la troupe du Staatsoper de Berlin de 1924 à 1945 et interpréta Parsifal à Bayreuth en 1934, 35 et 36. Il est réputé pour son timbre exquis et expressif et fut considéré en son temps comme le meilleur ténor lyrico-dramatique.

Ben Heppner

Ténor canadien

     Ce ténor d’envergure est tout naturellement destiné à succéder à Vivi Vickers comme ténor wagnérien. Il a déjà repris avec succès ses rôles d’Énée et de Peter Grimes. Je l’ai entendu à Bastille en concert (et aussi en Peter Grimes, excellent) chanter un Siegfried très prometteur.

Placido Domingo

Madrid 21 janvier 1941
Ténor espagnol

      Il a chanté et chante encore Parsifal, je l’ai entendu à Bastille en 2001 sous la direction mollasse de James Conlon, évidemment la silhouette et la voix du sexagénaire n’évoquaient pas vraiment le « reine Tor » mais la musicalité de l’ibère était tout à fait convaincante dans le dernier acte, un peu insuffisante dans les 2 premiers pour provoquer une entière adhésion. Il fut pourtant plus applaudi que Thomas Hampson ou Tom Krause, Amfortas et Titurel très honorables (de lapin), j’avoue que j’ai participé à ces applaudissements, comme tous j’espère, pour l’ensemble de son œuvre plus que pour sa prestation du jour.
     Il parle fort intelligemment (ce qui n’est pas une surprise) du rôle et de ses difficultés dans son livre Mes rôles d’opéra Bernard Grasset Ed. Paris, 2001 : « on doit chanter ce rôle avec une voix juvénile, du moins au début » (comme quoi identifier une difficulté n’est pas forcément la résoudre) « Mais Parsifal, bien qu’il ne soit pas très ardu du point de vue vocal, demeure difficile sur le plan musical, surtout en raison de l’immense concentration qu’il requiert. »

  

Jon Vivi Vickers fier Siegfried

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