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Les opéras de Wagner, pas communs, points communsPas communs, les opéras du Richard ? Oh que non ! Dans la forme d'abord, pas de ces ballets chers au 19ème siècle. Tannhäuser en a bien un, mais il a été rajouté pour la création à Paris en 1861, la version de Dresde n'en comportait pas. Et encore il est au premier acte, juste après l'ouverture et non comme traditionnellement au deuxième acte, ce qui expliquerait en partie la cabale des imbéciles du Jockey-club, obligés d'arriver au début du spectacle sous peine de louper les battements de gambettes de leurs protégées... Pas plus de récitatifs, voire d'airs. Un orchestre constamment présent (et pourtant à Bayreuth, il l'a caché !) qui est un personnage à part entière tout en étant tour à tour par le jeu des leitmotive chacun des personnages.
Ces leitmotive évoquent même les objets
(l'épée Notung), les sentiments des héros (peur,
amour, force, volupté), les forces bénéfiques
(enchantement du Vendredi Saint) ou maléfiques (mort, crépuscule),
la nature, tout a son leitmotiv ! « Le Leitmotiv est plus
riche de significations et d’implications que le simple signal,
le primaire blason, auxquels on a tendance à le réduire
– dans l’admiration comme dans le dénigrement ».
Boulez dans Chemin vers Parsifal. Wagner écrit sans librettiste, comme Berlioz avant lui (pour les Troyens car Totor a fait composer le livret de Benvenuto Cellini et s'est fait aider pour la Damnation de Faust). Il écrit en vers courts, très riches en allitérations, en assonance et homophonie (j'ai pas écrit homophobie) le Stabreim (Reim = vers, rime, pied, cf. ici), imitation de la poétique allemande du Moyen-Âge, dont un exemple célèbre est le chant d'amour de Siegmund pour sa soeur-amante Sieglinde dans la Walkyrie (Acte 1, Scène 3) :
mais que l'on peut trouver dès le début du Ring, dans les premiers mots de la première scène du premier acte !
où l'on entend aussi les interjections qui d'Alberich (Hehe ! Hoho) à Siegfried (acte 1 scène 1 Hoïho ! Hoïho !, Hau ein ! Hau ein ! Friss him ! Friss ihn ! den Fratzenschmied !) en passant par les Walkyries et leurs célèbre hojotoho ! Heiaha ! Heiahaha ! constellent l'oeuvre d'autant de débordements de vitalité. Une autre particularité formelle et de fond des opéras de Wagner est leur division en 3 actes. Le premier sert à la mise en place des personnages (toute règle ayant une exception, Brünnhilde n'apparaît qu'au deuxième acte de l'opéra qui porte pourtant son nom, die Walküre) et à l'exposition du problème, des amours à nouer, une belle à conquérir, un Graal à remporter, un traître à punir... Le deuxième sert à l'action (qui peut être uniquement morale et/ou sentimentale) et le troisième conclut, soit en tirant la suite logique des événement du deuxième (genre mon mec est mort, je me trucide sur son bûcher) ou en exposant les derniers rebondissements, tout aussi logiques (genre je gagne le concours, je marie la belle, et vive l'art allemand). Des rebondissements, il y en a d'ailleurs peu, pas de deus ex machina chez Richard, malgré les dieux du Walhalla, pas d'envoyé de l'enfer, de statue du Commandeur à la Molière/da Ponte, ou de reconnaissance d'enfant perdu ou de frère volé par une bohémienne comme le Verdi première manière. Pas de vaudeville non plus, les adultères sont punis de mort, il n'y a aucun placard pour les sauver. Les drames sont psychologiques, nonobstant quelques dragons, dieux ou déesses. Les philtres d'amour ou d'oubli en sont-ils ou ne reflètent-ils que des sentiments exacerbés ? Tout un opéra sur un concours de chant, avant Wagner et ses Meistersinger, qui avait osé sinon le même avec Tannhäuser (mais là il avait encore eu besoin d'une déesse dans sa grotte). Tout est simple, prédestiné, ne peut se passer autrement. Enfin Wagner cherche dans ses opéras à produire le Gesammtkunstwerk, l'oeuvre d'art totale qui allierait poésie, musique, théâtre, peinture...
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Comment imaginer que Tristan et Isolde ne puissent sortir de leur traversée nautique autrement qu'amoureux jusqu'à la mort, philtre ou pas ? On sait bien que Lohengrin ne gardera pas son secret et que le mariage ne sera pas consommé. Qui pense que les amours incestueuses des 2 Wälse puissent se conclure sur un happy end ? que Senta pourra épouser un fantôme ? que la ruée vers l'or qui a commencé dans la tromperie puis dans le sang des frères géants bâtisseurs et a continué avec le meurtre du parâtre adoptif se finira autrement que dans la douleur et les flammes ? que Kundry va marier Parsifal ou Parsifal marier Amfortas et qu'ils vivront longtemps entourés de leurs nombreux enfants ?
Les reproches parfois faits à Wagner de
raconter des histoires compliquées sont absurdes ou relèvent
de la mauvaise foi. Qui a lu une bonne traduction du Ring ou de tout
autre opéra ne peut qu'admirer le génie créatif
et poétique (je sais, ça pléonasme étymologiquement)
du génie bayreuthin. Tout y est dicté par l'amour, la
spiritualité et la musique.
Der
Ring des Nibelungen
En fait le Ring (l'anneau du Nibelung) comprend 4 opéras
(d'où la Tétralogie) tous en 3 actes et pleins de
Stabreim et de Leitmotive. Ce sont :
Das Rheingold (l'Or du Rhin) où
Alberich qu'est rien qu'un sale gnome avide vole leur or aux filles
du Rhin, que ça va causer tout plein d'emmerdes cosmiques,
et qu'il s'en fait un anneau qui donne tout plein de pouvoirs, qu'à
côté une American Express Platinum, c'est de la crotte,
mais qu'il se le fait chouraver par Wotan, le boss des dieux, qui
lui même est obligé de le donner en salaire aux géants
(en fait qu'un, Fafner, pask'il tue son frère, pour tout
garder pour lui tout seul) qui lui ont construit son modeste pied-à-ciel
qu'il a appelé Walhalla paske "Sam Suffy," c'était
déjà pris et ça faisait trop vulgos et que
"Les Cénobites tranquilles", ça faisait
trop intello...
Die Walküre (la Walkyrie) (tu
sais, quand elles font du dada et qu'il ya des hélicos qui
vrombissent, c'est la musique d'Apocalypse Now, et c'est bien plus
que ça, un des plus beaux premiers actes de l'opéra
de tous les temps) où le frère Siegmund épouse
la soeur Sieglinde et se fait trucider bien qu'il reçoive
l'aide de leur demi-soeur, Brunhilde, fille de Wotan, dont au sujet
de laquelle on cause dans le titre (p'tain, comme qu'il cause bien,
je), même que pour ça elle désobéit à
fon fater et se fait punir en étant enfermée dans
un cercle de flammes que le premier qui le traversera en disposera
comme qu'il veut, de la gazelle à cornes (sur le casque)...
Siegfried (Siegfried) où le
fils des précédents zigues, euh Sieg..., élevé
par un gnome frère d'Alberich se forge son épée
avec les débris de celle de papa et se tue un dragon, qu'est
Fafner, zigouille son papa adoptif et se fait une Walkyrie, la blonde
Brunhilde, qu'est de fait sa tantine,
Götterdämmerung (le crépuscule
des dieux) où le Siegfried précédent
se fait trucider par le fils d'Alberich, Hagen, grâce à
sa Walkyrie, jalouse qu'il en ait marié une autre, Gutrune,
et qu'il l'ait refilée, elle, juste après l'avoir
déniaisée à un pas beau Gunther, frère
de Hagen, donc du coup elle a livré son talon d'Achille
qu'il a dans le dos, et effectivement, il l'a dans le dos,
le pieu d'Hagen. Faut dire que le pauvre Siegfriedounet a perdu
la mémoire
à cause d'un philtre que lui a fait boire Hagen (le pendant
maléfique du philtre partagé entre Tristan et Isolde
?). La Walkyrie après avoir rendu leur or aux filles du
Rhin, se fait cramer avec son mec et son cheval dans un super
méchoui
avec de telles flammes qu'elle fout le feu au Walhalla et à
ses occupants, d'où le titre.
Une bien belle histoire, à peine embrouillée, qui fait passer Dallas pour ce qu'il est, une crétinerie de savonnette opéra bien (mal) avinée (enouiskisée serait plus juste).
Alors, tout ça mis au bout l'un de l'autre
fait bien plus de 14 heures, bien que le premier et le dernier
soit assez court, mais on n'assiste jamais, même à Bayreuth,
au spectacle non stop, et ce à cause des chanteurs qui
ont déjà du mal à chanter 2 soirs de suite
des rôles éprouvants et qui vont pas enchaîner
une bonne grosse dizaine d'heures d'opéra... ah, ces
Heldentenor, c'est rien que feignants et compagnie...
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