operavivi faut empêcher le ciel de tomber
commis le 28/08/03
"...LES SEULS DISCOURS SÉRIEUX SONT CEUX
QUE L'ON FAIT COMME POUR RIRE"

Italo Calvino   

l'anniversaire de Lauritz

Lauritz en Otello...

Lauritz et Kleinchen

     
   

    Jon Vickers ne traîne pas une forte réputation de joyeux drille ou d'adepte forcené de l"humour, et pourtant l'humour dans la musique d'opéra est vieux comme l'opéra !
     Le Couronnement de Poppée de Monteverdi en fait déjà preuve et a été suivi par des oeuvres baroques pleines de fantaisie et de rires, récemment Platée et son chœur des grenouilles ont été un des grands succès parisiens. L'humour de Mozart s'est exprimé dans ses grands opéras les plus joués, Enlèvement, Noces, Don Juan, Cosi, Flûte. Berlioz humorise sur la musique même quand il se moque de la fugue dans la Damnation de Faust, Verdi a son Falstaff, Wagner ses Maîtres Chanteurs, notre Saint-Saëns son Carnaval des animaux, Satie toute son œuvre, Poulenc ses Mamelles de Tirésias, etc.

     Le propos de cette page est plutôt de parler d'humour sur la musique que d'humour dans la musique. On peut aller faire un tour aussi déguster les termes du glossaire.

une traduction

       Traduction Google pur sucre pour cet excellent ( y a Vivi, alors !) enregistrement Deutsche Grammophon " Die Walküre" par Karajan en 1966 avec Crespin, Stewart, Janowitz, Veasey :

<<Aug. septembre &Dez.1966 église christus de Berlin
Bouche de victoire
(Siegmund) : Jon Vickers
Ing de chien (Hunding) : Martti Talvela
Wotan : Toma Stewart
Tilleul de victoire (Sieglinde) : Gundula Janowitz
Bruennhilde : INE de déplacement goupille de CRES (Régine Crespin)
Fricka : Josephine Veasey
Gerhilde: Liselotte homme de vigne (Rebmann)
Tilleul de place (Ortlinde) : Calotta Ordassy
Waltraute : RID d'Ing Steger (Ingrid)
Schwertleite : Lilo Brockhaus
Helmwige : Daniza Mastilovic
Siegrune : Barbro Ericson
Grimgerde : Cvetka Ahlin
Rossweisse : Helga Jenckel
Philharmoniker de Berlin (Orchestre philharmonique)
Conducteur: Herbert des Karajan (H von K)
DG POCG-9037/40
>>

des blagues

    Y en a des tas, tiens, une dure à comprendre (j'ai ri le lendemain) : "Quelle est la différence entre Johnny Halliday et Mozart ? Mozart jouait du piano à queue, [qui n'existait d'ailleurs pas encore à son époque, mais baste...] tandis que Johnny, ah que il joue du piano ! ".

         Du regretté Francis Blanche (je pardonnerais tout à quelqu'un qui chante "Ah, les belles bacchantes") cette définition du mélomane, c' "est l'homme qui entendant une femme chanter dans sa salle de bain, s'approche du trou de la serrure et y colle l'oreille." Une variante de cette sortie a été ultérieurement attribuée à Woody Allen, on ne prête qu'aux riches (je n'ose imaginer qu'il ait pu plagier FB).

des citations et anecdotes

    Ce misanthrope de Gustav Mahler accueillit sa première fille, Maria, née par le siège (pas enfantée par un tabouret, non, sortie au monde le bassin en premier) d'un "C'est bien ma fille, elle montre immédiatement au monde le côté qu'il mérite !" .

     "MUSIQUE : Fait penser à un tas de choses. Adoucit les moeurs. Ex. : la Marseillaise. " Gustave Flaubert

     "Enfin, elle avait fini. Nous poussâmes un gros soupir d'applaudissement" Jules Renard.

   "Mon nom ? Je m'appelle Érik Satie comme tout le monde." Érik Satie (j'aurais écrit Beethoven que tu aurais été surpris, non ?). Et du même "Les pianos, c'est comme les chèques, ça ne fait plaisir qu'à ceux qui les touchent".

   "Beethoven était tellement sourd que toute sa vie, il a cru qu'il faisait de la peinture". François Cavanna

    "Bach divine machine à coudre" Colette

  Dans une royale Master Classe :
"Je n'aurais jamais entendu plus belle voix que celle de Votre Majesté, si les aigus avaient eu cette puissance qui manque aux graves". Tel fut le jugement diplomatico-courtois (pour ne pas dire courtisan) du professeur de chant du roi Édouard VII.

   "Pourquoi jouer tant de notes alors qu’il suffit de jouer les plus belles" formule célèbre de Miles Davis qui rejoignait la suppression des wagons de queue chère à Alphonse Allais.

     D'un autre grand jazzman, Duke Ellington "Il n'existe que deux sortes de musique : la bonne et la mauvaise".

  Pour le pianiste Arthur Rubinstein "Les anglais sont le meilleur public du Monde : ils applaudissent toujours, même quand vous jouez bien".

    Du même, qui parle en expert : "Le pire ennemi d'un pianiste, ce sont les mouches, car elles profitent qu'on a les doigts occupés pour vous entrer dans le nez."

       Et toujours d'Arthur R. : "Un pianiste est un homme déguisé en croque-mort avec en face de lui, constamment, son piano qui ressemble à un corbillard"

    "Apprendre la musique en lisant des ouvrages [des sites ???] s'y rapportant est comme faire l'amour par courrier" nous prévient le gros pas mal rôti, euh pardon l'immense Luciano Pavarotti.

     Dans le même esprit (sic) et attribué à Bébert de Karajan : "La musicologie est à la musique ce que la gynécologie est à l'amour."

    "Mozart était si précoce qu’à cinq ans et demi, il composait déjà le Boléro de Ravel" disait l'immense aussi, mais par le talent, lui, Pierre DESPROGES qui, comme moi pour Luciano, préférait Gainsbourg de son vivant. Ce qui peut faire penser à José Giovanni qui déclara, sans rire, dans le poste que son compositeur préféré était le célèbre Aranjuez, compositeur du célèbre concerto éponyme.

   "Aben Hassan, conspirateur maure, et ses compagnons, ennemis acharnés des Espagnols, sortent de plusieurs côtés de la forêt en chantant un choeur dont le sens est à peu près celui-ci : taisons-nous, cachons-nous, soyons prudents, laissons faire au temps ; quand on est Maure, c'est pour longtemps". Ainsi critiquait Berlioz, dans le très sérieux Journal des débats (l'objet de la critique était le très oublié Val d'Andorre d'Halévy).

     Chopin, invité à son corps très défendant à jouer un ch'tit morceau de piano après le dîner, plaque d'abord quelques accords affreusement faux, déclare que le piano a besoin d'être révisé, entreprend de démonter le clavier, puis le mécanisme et part en déclarant que, non, décidément, il ne peut rien en tirer (anecdote à la véracité non attestée).

      De Jacques Sternberg "On avait souhaité qu'un sang impur abreuve nos sillons, sans savoir qu'un jour un déluge de sons impurs abreuverait nos microsillons."

   Le chef Thomas Beecham, joyeux plaisantin s'il en fut, semblait avoir une dent contre les harpistes, lui qui disait "Le son de la harpe me fait penser à une cage à oiseaux sur laquelle on promènerait des fourchettes." et "Les harpistes passent la moitié de leur temps à accorder leur instrument, et l'autre à jouer faux".
Il n'était pas plus tendre avec Beethoven : "Les quatre dernières symphonies de Beethoven ont été écrites par homme sourd et ne devraient être écoutées que par  des sourds."
Sa conception de l'opéra était... particulière "Si un opéra ne peut pas être joué à l'orgue de Barbarie, il n'atteindra jamais la postérité".
Mais sans conteste sa plus belle, c'est quand Beecham s'adressa ainsi à une des violoncellistes d'un de ses orchestres "Vous avez entre les jambes un instrument qui peut donner du plaisir à des milliers de gens, et tout ce que vous savez faire, c'est le gratter".

   Le chef Simon Rattle avait une vision différente : "Si un chef d'orchestre qui vient de diriger une œuvre de Beethoven n'a pas besoin d'aller chez l'ostéopathe, c'est qu'il a mal fait son boulot".

 

du Desproges

   Tirées des pages roses de son Dictionnaire superflu à l'usage des élites et des biens nantis, ces citations exemplaires :

Modus Vivaldi [Vivaldi sait s’habiller] Réplique de Josette Bach à son mari Jean-Sébastien qui lui demandait s’il était beau dans son nouveau pourpoint.

Motus Vivaldi [ta gueule Vivaldi] Chut (en vieux vénitien).

des variations
à la mode de Jean-Sébastien B..

     C'est celles de Glop-Glop, un à la manière de Bach, qui vaut son pesant de cacahuètes...

    Ou celle de Woody Allen "Je n'y connais rien à la musique. Pendant des années, j'ai cru que les Variations Goldberg étaient un truc que M. et Mme Godberg ont essayé de faire pendant leur nuit de noces".

des liens

    En neum'berre ouane, oeuf corse, La nuit à l'opéra des frères Marx et en ex-aequo Le bêtisier de l'opéra baroque.

  Si tu n'es pas un opéraphile exclusif à 150 %, tu trouveras des anecdotes sur la musique moderne (pop, rock, jazz) et des tas d'autres informations sur le site de l'ami François Audiophile-drivers.

une bande dessinée

      Les bijoux de la Castafiore de Hergé chez Casterman, ainsi que d'autres albums de Tintin (Affaire Tournesol) où l'on retrouve le rossignol milanais.

des caricatures

      Elles furent surtout abondantes à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle.

     On trouvera des caricatures de compositeur (libres de droit, ce qui ne gâche rien) sur le site de la B.N.F, Bibliothèque nationale de France.

des livres

  Les Musiciens. Sempé. Existe en poche, chez Folio, mais c'est un peu dommage ! C'est comme écouter Parsifal en MP3, pire même ! Donc, pour le format qui va bien, on a le choix (encore que le mieux soit d'avoir les deux) entre l'édition de 1979 (Denoël, Paris) et celle de 1996, revue et augmentée (avec notamment dans la jaquette de délicieuses photos du Maître s'essayant sur l'instrument de Maurice Baquet -son violoncelle, vous l'aurez deviné, on est sur un site correct, ici) chez le même éditeur.


Sempé en poche

et rien à voir, sinon que j'aime :

 

 

       Je vous recommande, illustré par le même génial dessinateur bordelais, le CD ROM "Les Compositeurs" d'Éric Lipmann, Paris, 1996 chez Melody Master. On y apprend tout plein de choses sur tout plein de gens intéressants, avec une monumentale discographie et des illustrations sonores en prime.

   Et le livre, toujours disponible, de Georges Perec, qui s'intéresse à une de nos voix préférées : 

      
 

     Les Mémoires de Berlioz, les Écrits sur la musique de "Basseto", alias Bernard Shaw, les critiques de Monsieur Croche, alias Debussy, sont aussi des sources de sourire, voire de rire pour le mélomane.

    Enfin on ne peut passer sous silence, même si plus inégal, le livre d'Albert Lavignac Les Gaietés du Conservatoire (1899)  et autres textes humoristiques, à savoir de Henri Maréchal Paris, Souvenirs d'un musicien (1906) et de Piero Coppola, Les Affres du Roi Marke (1945) réédité dans la collection AMICVS chez Pierre Mardaga, Liège, 2002,

Et sur l'objet même de notre passion, l'opéra

   "Aujourd'hui, ce qui ne vaut pas la peine d'être dit, on le chante" écrivit Beaumarchais qui ne devait pas apprécier à sa juste valeur ce que Da Ponte et Mozart avaient tiré de son Figaro, comme l'empereur Joseph II qui avait trouvé "beaucoup trop de notes" dans le plus bel opéra de Mozart, donc du monde...

  Henri Jeanson n'a presque que peu caricaturé la plupart de nos livrets préférés "Un chanteur d'opéra, c'est un type qui reçoit un coup de couteau dans le dos et qui, au lieu de saigner se met à chanter".

  "Les Français sont faits pour composer de la musique d'opéra, les Italiens pour la chanter, les Allemands pour la jouer, les Anglais pour l'entendre et les Américains pour la payer" disait Caruso qui savait de quoi il causait, vu le succès monstrueux qu'il obtint aux USA alors que, nul n'étant prophète en son pays, ses compatriotes (et même ses concitoyens napolitains !) lui préféraient De Lucia...

De  H.L. Mencken "Opera in English, is about as sensible as baseball in Italian." soit : "L’opéra en anglais est aussi émouvant que le base-ball en italien."

La claque a ses anecdotes célèbres (voir ainsi les Mémoires de Berlioz). On raconte que la claque du Teatro Regio de Parme remboursa le ténor qui l'avait recrutée afin de pouvoir le huer en toute honnêteté...


Caruso en Otello

sur Callas

      Maria Kalogeropoulos Callas a chanté pour la première fois Norma à Garnier en 1964, à la fin de sa carrière, ce qui nous valut cette perle dans la presse – ah, ces journalistes ! – « la Divine va chanter l’Anormale à l’Opéra ».

       Bien moins amusant, ce jugement de Bing, directeur du Met, sur une Callas débutante (donc avant son si fameux amaigrissement) "un éléphant qui veut chanter Butterfly". Le même fera preuve d'autant de muflerie à la fin de la carrière de la Diva. Quand on l'est, c'est pour la vie. Ce pauvre homme, dont tout le monde aura oublié les croassements (et même l'existence) quand les petits-enfants de nos enfants se régaleront encore des chants de Callas, est la preuve parfaite que l'on peut être un Sir (Sir Rudolf Bing) sans être un gentleman.

sur Wagner

         Richard Wagner a toujours été conscient de son génie : "À la Société, je ne demande que de l'argent, le reste, je l'ai". Mais son ancien grand ami Nietzsche en était moins sûr, qui le comparait au VIH, au SARS et autres microscopiques saloperies :"Wagner est-il un homme ou une épidémie ? Il a rendu la musique gravement malade." Ce qu'il explicitait en détail dans Le cas Wagner (1888) :
       «Il est une évidence qui me semble primordiale: l'art de Wagner est malade. Les problèmes qu'il porte à la scène, de purs problèmes d'hystériques; ce que sa passion a de convulsif, sa sensibilité d'exacerbé, son goût qui exigeait des piments toujours plus forts, son instabilité qu'il déguisait en autant de principes, enfin, et ce n'est pas le moindre symptôme, le choix de ses héros et héroïnes, considérés comme types physiologiques (une vraie galerie de malades!), bref, tout cela forme un tableau clinique qui ne permet pas le moindre doute: Wagner est une névrose.» 

   Richard Wagner, nobody's perfect, a écrit "Das Judenthum in der Musik", un pamphlet violemment antisémite où il s'en prend à Meyerbeer, Mendelsohn, Halévy et en fait à tous leurs coreligionnaires qu'il déclare inaptes à "être un peintre, un sculpteur, un poète, un musicien, un comédien, un artiste de talent", rien que ça. Par ailleurs, comme tout bon antisémite, il avait des amis intimes juifs et il a choisi Herman Levi pour diriger la première représentation de Parsifal à Bayreuth, mais ce génie n'en est pas à une grande contradiction près, s'pas ? Toujours est-il que cela a donné lieu à cette blagounette digne de l'humour juif cité dans "Richard Wagner en caricatures" de John Grand-Carteret (Paris, 1892, Librairie Larousse, réédité en fac-simile par la BNF et Hachette).

Deux juifs à Bayreuth, se présentant près de l'intendant du théâtre :
"- Ne pourrions-nous pas avoir des entrées, Monsieur le Directeur, nous sommes des intimes de M. Richard Wagner.
"- Vos noms, Messieurs.
" Les noms importent peu. M. Wagner a écrit toute une brochure sur nous, il nous connaît."

    "De jolis moments, mais d'effroyables quarts d'heure" perfidait Rossini. Le même démentait avoir dit que la musique de Wagner était de la musique sans mélodie, comme un rôti sans sauce...  Enfin, alors qu'on lui demandait s'il allait écouter Tannhäuser à l'Opéra, il aurait répondu " Ce n'est pas la peine, on l'entend très bien d'ici ".

    "Parsifal est le genre d'opéra qui commence à six heures. Après trois heures, vous regardez votre montre, et il est six heures vingt, c'est de David Randolph, chef d'orchestre anglais, ah, toujours perfide Albion !

    L'aphorisme "La musique de Wagner est si bruyante qu'on peut parler sans déranger son voisin" d'Oscar Wilde le dispute en mauvaise foi au "La musique de Wagner est meilleure qu'on pourrait le croire à l'entendre" de Mark Twain, quand Woody Allen y va de son célèbre "Quand j’écoute WAGNER, j’ai envie d’envahir la Pologne".

    Tannhäuser fut fort mal accueilli à sa création à Paris (cf. l'anecdote de Judith Gautier sur sa rencontre avec Berlioz, Judith dont le Théophile de père qualifiait la musique de "plus cher et de plus ennuyeux des bruits"), ce dont témoigne méchamment Henri de Rochefort en 1861 "Comment a-t-on osé mettre une meute de chiens dans Tannhäuser ?   - Pourquoi pas ? On savait qu'à la troisième représentation il n'y aurait plus un chat dans la salle."

    On accuse les membres du Jockey-club d'avoir monté une cabale car ils n'étaient pas satisfaits de la place du ballet (au premier acte) qui les obligeait, s'il voulait voir s'agiter les jolies gambettes de leurs "protégées", à arriver au début de l'oeuvre et pas à l'entracte comme d'habitude.

  Il faut se rappeler qu'au 19ème beaucoup partageaient encore le point de vue de Jean d'Alembert (1717-1783) au siècle précédent : "Pour rendre l'opéra supportable, il faudrait allonger les ballets et raccourcir les jupes des danseuses". Ils avaient d'ailleurs été en partie écoutés sur la longueur des jupes et sur l'inclusion quasi-obligatoire d'un ballet dans tout opéra créé à Paris, puisque la version de Paris de Tatane en offre un, contrairement à la version originale de Dresde.

   Après la défaite de 1870 contre les allemands, une vague d'antibochisme primaire et d'antiwagnérisme inonda la capitale (que Wagner aurait voulu voir brûlée, Hamour-Aine quand tu nous tiens!).
     Pour les allemands les raisons de l'antipathie française étaient évidentes, pour notre Richard elle était inspirée (si l'on peut dire, car ça ne volait pas bien haut) par la francophobie flamboyante de Wagner (et de sa Cosima d'épouse, née française -fille de Liszt et de Marie d'Agoult) à ce moment : il nous traite de "peuple de singes", (un peu comme Kipling, mais c'est une autre histoire..., ou comme les séides bushiens), il pond son "Ode à l'armée allemande devant Paris" (01.1871), la Kaiser Marsch (Marche impériale 1871) ou sa désopilante comédie La Capitulation (avec Jack von Offenback, mais notre bon Jacques avait tiré le premier avec son Carnaval des revues donné aux Bouffes Parisiens en 1860 où il moquait le compositeur de la "musique de l'avenir"). Cette Capitulation était si affreusement méchante et mauvaise qu'elle fut refusée même par les théâtres allemands.
    En réaction (?), nos braves humoristes gaulois brocardèrent Wagner et l'on vit des revues ou oeuvrettes satiriques "finement" nommées Panne aux airs (à vrai dire avant guerre : 1861) Ya-Mein-Herr, Cacophonie de l’Avenir, en 3 actes mêlés de chants, de harpes et de chiens savants (également 1861), Vague-Nerfs, La Tanne aux airs, Le Val qui pleure (1893), La Valkirigole (de Théo Hannon), La V'lakyrie (1893), ou même des chansons de chansonnier comme "Lohen'grine Lohengrin", paroles de A. Poupay, musique d'Émile Spencer, dont voici quelques immortels vers :

"En voyant sur sa poitrine
Lohen'grine Lohengrin
Deux p'tits morceaux de têtine,
Lohen'grine Lohen'grine
L'directeur dit : cré matin !
Lohen'grine Lohengrin
A l'Opéra ma divine,
Lohen'grine Lohengrin
Je veux qu'on voit ta bobine,
Lohen'grine Lohen'grine
Car tu f'ras plus d'un chopin
Lohen'grine Lohengrin
" etc.

     (j'en passe, et hélas pas de meilleures où Lohen'grine rime avec urine et Lohengrin avec purin), ainsi que des Maîtres Chanteurs de la Butte, des Lohengrin à l'Eldorado, Lohengrin à l'Alcazar, "La petite Walkyrie ou le Sabre de mon père",

     Flaubert écrivait dans son Dictionnaire des idées reçues (paru à titre posthume, seulement un an avant le der des der, la grande Guerre) "Wagner : ricaner quand on entend son nom, et faire des plaisanteries sur la musique de l'avenir."

UN COMPTE-RENDU D'OPÉRA

      Ou une soirée assez inoubliable narrée par Placido Carrerotti...

     Et Jon Vickers dans tout ça ?

  Jon Vickers a joué Don José dans Carmen et Néron dans le Couronnement de Poppée, deux oeuvres où il y a quelques scènes comiques (mort de Carmen, mort de Sénèque), mais son seul rôle a priori comique c'est dans les Nozze, c'est celui de Don Basilio, et on ne peut dire que ce soit son cheval de bataille, revêtu d'une peau d'âne ou pas...

     Et pour finir une citation sans rapport particulier avec la musique, mais je l'aime trop, de Talleyrand " la particule ne vaut pas toujours la partie tête".

   

         PÉTILLON dans La dent creuse (Les aventures de Jack PALMER Albin Michel Paris 1983 Collection L'Écho des Savanes ) nous offre l'image d'une chanteuse wagnérienne qui éclate le séismomètre (à gauche de l'image, sur le tabouret) par la seule force de sa voix de Walkyrie. On remarque d'ailleurs une des rares erreurs du talentueux Pétillon, puisque la Diva est effectivement costumée en héroïne du Ring alors qu'elle chante le célèbre air de Kundry, Parsifal acte II "Bitte, ohne Milch mit wenig Zucker", comme le précise d'ailleurs le petit cartouche en bas à gauche. On lui pardonnera devant le talent évocateur de sa vignette qui nous transporte au coeur intime du mystère wagnérien (car wenig Zucker, certes, mais thé ou café ? on ne le saura sans doute jamais...).

"la maison est gardée par une chanteuse wagnérienne" "Gentille, Erika, ce sont des amis"

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