L'INCORONAZIONE DI POPPEA (1642)

Poppée

COMPOSITEUR

Claudio MONTEVERDI
LIBRETTISTE

Giovanni Francesco Busenello

ENREGISTREMENT
EDITION
DIRECTION
EDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DETAILLEE
1952
1953
Walter Goehr
Classic/Concert Hall
1
italien
1954
1985
Nino Sanzogno
Fonit Cetra
1 (33 t)
italien

1963
Rudolf Ewerhart
Vox
3 (33 t)
italien
1963
1998
Herbert von Karajan
Deutsche Grammophon
2
italien
1963
2000
John Pritchard
EMI
2
italien
1966
1966
Carlo Franci
Opera d'oro
2
italien
1966

Alan Curtis
Cambridge

italien
1967

Bruno Maderna
Myto
1
italien
1974
1993
Nikolaus Harnoncourt
Teldec
3
italien
1974
1996
Nikolaus Harnoncourt
WEA
1
italien
1978
1981
Julius Rudel
Legendary Recordings

italien
1980
1994
Alan Curtis
Fonit Cetra
3
italien
1981
1996
Nikolaus Harnoncourt
Teldec
2
italien
1984
1985
Jean-Claude Malgoire
CBS Records
3
italien
1988
1997
Alberto Zedda
Nuova Era
3
italien
1988
2000
Richard Hickox
Virgin Classics
3
italien
1990
1990
René Jacobs
Harmonia Mundi
3
italien
1993
1996
John Eliot Gardiner
Archiv Produktion
3
italien
1997
1998
Ivor Bolton
Farao
3
italien
2000
2000
Gabriel Garrido
K 617
3
italien

Opéra en un prologue et trois actes, sur un livret de Giovanni Francesco Busenello (1598 - 1659), inspiré des Annales de Tacite. Créé au Teatro SS. Giovanni e Paolo à l'automne 1642, repris à Venise en 1646, puis à Naples en 1651 sous l'intitulé Il Nerone overo L'Incoronazione di Poppea.

En 1888, lorsque Taddeo Wiel révèle l'existence d'une partition à la Bibliothèque Marciana de Venise, seul le livret de l'oeuvre était connu. Le manuscrit de Venise est toutefois une copie brouillonne et incomplète, ne comportant pas la moindre indication sur l'exécution instrumentale.

La seconde partition manuscrite est découverte en 1930 par le professeur Guido Gasperini dans les fonds de la Bibliothèque du Conservatoire San Pietro a Maiella à Naples. Plus complet et cohérent que le manuscrit de Venise, il comporte de profonds remaniements par rapport au livret original.

La première résurrection eut lieu le 24 février 1905, à la Schola Cantorum de Paris, sous la forme de huit scènes reconstituées par Vincent d'Indy.

 

 Pour en savoir plus :

 

"La représentation de l'Opéra Atelier rencontre l'esprit de l'oeuvre en bien des aspects. Les chanteurs montrent qu'une voix droite et claire sait éviter l'écueil de la sécheresse lorsqu'elle est compensée par la souplesse et l'émotion nécessaire pour muovere gli affetti. Meredith Hall (Poppea) se distingue par sa propension aux changements de timbre en fonction des besoins de l'expression et des modulations de tonalité...Qu'elle stigmatise le vice de Poppea ou qu'elle corrobore la vengeance d'Ottone, la mezzo-soprano Stephanie Novacek campe une Ottavia avec force autorité, scéniquement et vocalement, bien que peu rompue à la diction italienne. Sa voix accepte volontiers la puissance, même si elle trahit parfois un naturel vériste qui se force à revenir et à coller au style...Malgré une gestuelle artificielle, l'Ottone du contre-ténor Matthew White s'avère remarquable dans le bas et le médium de son registre, moins souvent dans les aigus, qui pourraient devenir agressifs, surtout lorsqu'ils ne sont pas enveloppés dans un phrasé. Peggy Kriha Dye en Drusilla apporte un raffinement extrême à ses fins de phrases et la superbe aria " Oblivion soave " de Laura Pudwell (Arnalta) force l'admiration par le naturel d'une ligne vocale soutenue de bout en bout. Mais l'absolue singularité vocale du soprano américain Michael Maniaci constitue l'événement en forme de début de carrière dont on n'a pas fini de parler. Renvoyant les " vrais-faux " hautes-contre et autres " falsettistes " dos à dos, cette voix naturelle qui n'a pas mué possède une couleur androgyne unique, celle d'un castrat qui n'en serait pas un. Successivement suave, fougueux, puis hystérique (les notes répétées de " Tu mi sfozi allo sdegno " en sont quelque peu affectées), Maniaci recrée le personnage de Néron non sans l'affubler de tous les vices qui caractérisent le jeune empereur décadent, manipulé et fier de l'être...À la tête de l'orchestre baroque Tafelmusik, Hervé Niquet inscrit sa direction dans le même élan de distinction musicale, dans le plus grand respect des règles de l'opéra vénitien du XVIIe siècle...Avec une mise en scène rompue à la gestuelle du Seicento, Marshall Pynkoski semble faire monter la sève de l'ardeur et de l'impétuosité d'une jeunesse qui évolue non sans lascivité dans les méandres d'une intrigue délétère, ponctuée de quelques réparties ironiques à l'effet cathartique avéré." (La Scena musicale)

 

  • Opéra International - avril 2002 - compte-rendu de la représentation du 20 février 2002

"Créé en 1993...le beau spectacle de Graham Vick et Paul Brown...(fait retrouver) cette Rome impériale revue au prisme d'une sobre mélancolie britannique au début du XXe siècle...Rinaldo Alessandrini dirige avec autant de prudence philologique que de sensibilité dramatique....privilégiant une instrumentation légère...Sonia Prina apporte à Ottone un timbre particulièrement chaleureux et une gamme dynamique volontairement limitée. Monoca Bacelli se montre plus expansive dans l'expression de la douleur d'Ottavia. Angeles Blancas Gulin est une Poppea à la sensualité envahissante et presque agressive, capable de plier sa voix jusqu'au murmure pour mieux séduire. Debora Beronesi est un Nerone particulièrement entêté dans la poursuite de sa quête amoureuse...Imposant, le Seneca de Giorgio Surian, au timbre à la fois grave et solide...Le contre-ténor Roberto Bamconi, jeune interprète à la fois raffiné et divertissant."

 

 

 

http://www.aix-en-provence.com/festartlyrique/fest2000/poppee.htm

 

 

http://www.ledevoir.com/class/2000a/popp030400.html

 

 

  • distribution complète des représentations en janvier 2001 au Théâtre des Champs Elysées :

Orfeo, Il Ritorno d'Ulisse, L'Incoronazione di Poppea

  • critique du Concertographe

http://www.leconcertographe.com/rev99/000321cv.htm

  • critique d'Altamusica

http://www.altamusica.com/concerts/html/action/MoreDocument/Dossi.../document.htm

La Trilogie à Tourcoing - mars 2000

http://www.concertonet.com/exec/review.asp?IndexReview=241

 

 

 

http://www.lemonde.fr/article/0,2320,dos-2466-9091-QUO-1--,00.html

http://www.humanite.presse.fr/journal/1999/1999-07/1999-07-14/1999-07-14-003.html

 

"Grüber, en quasi-totalité, a évacué le comique, le substrat social et sociologique, les équivoques sexuels, et dans le livret de Busenello...il a privilégié l'aspect tragique et monothématique"..."Le spectateur assiste essentiellement à une étude de caractères humains...dans un registre expressif balançant entre la tragédie racinienne et la Comédie humaine balzacienne"..."Le plateau vocal est d'excellente tenue"..."Mireille Delunsch excelle à exprimer tous les sentiments et stratégies de Poppea"..."Anne Sofie von Otter a choisi de camper un Nerone moins sensuel que juvénile, caprisieux et orgueilleux"..."Lorraine Hunt est une grande tragédienne...et compose une mémorable Ottavia"..."La mezzo Anna Larsson chante à côté de sa tessiture, se montrant aussi embarrassée vocalement que gauche physiquement"..."Denis Sedov s'est montré trop monochrome"..."Les choix de Marc Minkowski ont porté sur un continuo fort étoffé, mais assez peu souvent polyphonique et semi-improvisatoire." (10 juillet 1999 - Opéra International)

 

"Alberto Zedda maintient son choix des instruments modernes, mais veille à ne pas perdre le contact avec les pratiques d'exécution du XVIIe siècle. L'ornementation est pratiquement réduite à rien"...Le metteur en scène transporte l'intrigue à New York dans les années 1940"..."Les solistes ne déméritent pas"..."on retient la Poppée d'Asumpta Mateu, l'Ottavia vibrante de Lola Casariego, la fraiche Drusilla de Maria José Moreno et le robuste Seneca de Miguel Angel Zapater. Vigilant et précis, Alberto Zedda ne réussit pas à enflammer son orchestre"..."l'ensemble ne s'éloigne jamais d'un sérieux imperturbable".

  

 L'Incoronazione di Poppea à Milan

"Maladies, forfaits de dernière minute, retards, grèves, remplacements improvisés : pas une seule représentation avec la même distribution !... L'idée de départ était d'arracher Monteverdi aux musicologues "baroqueux", de démontrer qu'il pouvait être un auteur facile et adapté aux vastes théâtres du XIXe siècle. Commande a donc été passée d'une nouvelle instrumentation à Alberto Zedda, auteur d'une expérience similaire au Festival de Martina Franca en 1988. Principes de base : homogénéisation harmonique et recours aux instruments modernes, en s'inspirant des exemples d'écriture à quatre parties dans le manuscrit napolitain de L'lnco-ronazione et des formidables architectures instrumentales explorées par Monteverdi dans ses partitions vénitiennes (Vespro alla Beata Vergine, Scherzi musica Il, Selva morale e spirituale). L'orchestration de la basse continue s'est effectuée sur une trame légèrement contrapuntique, les bois et les arpèges de la harpe, vigoureusement soutenus par le basson et le trombone, apportant un piment supplémentaire aux timbres. Les ritournelles sont bien sûr confiées aux cordes, considérablement renforcées pour tenir compte des vastes dimensions de la Scala et du Teatro Ponchielli de Crémone, coproducteur et premier hôte du spectacle. Sur le plan vocal, le choix s'est évidemment porté sur des interprètes de formation belcantiste, même si certains ont déjà fréquenté Monteverdi. Deux décisions surprennent : Arnalta confiée à une femme (une soprano au grave opulent, et non plus un falsettiste ou un ténor), et Nerone distribué à un ténor sui generis, capable d'une émission légère et constante en voix de tête. Avec Riccardo Muti au pupitre, on attendait donc une Poppea entièrement tournée vers le chant, envisagée comme un gigantesque récitatif accompagné pré-gluckien. Le forfait inopiné du maestro a totalement bouleversé les données du spectacle...A l'arrivée, de nombreux défauts imputables à l'inachèvement de la démarche musicologique ont jeté le discrédit sur la prestation de Zedda au pupitre...Le plateau en revanche, est un succès, tant par la différenciation des timbres que par l'imagination expressive. Le Nerone de William Matteuzzi est le seul à soulever quelque perplexité le chant du ténor, construit sur un savant jeu d'ombres et de lumières, n'est pas en cause. C'est plutôt le choix d'une voix masculine qui perturbe : hors le duetto avec Lucano, il ne s'impose pas et un contralto féminin est préférable. Debora Beronesi le démontre amplement à Milan en remplaçant un Matteuzzi souffrant elle méritait cette consécration, dans un emploi plus intéressant que les Pallade, Fortuna et Venere qu'on lui avait à l'origine attribuées. Comme à Bologne en 1993, Anna Caterina Antonacci et Bernadette Manca di Nissa campent de magnifiques Poppea et Ottone, d'une rare intensité dramatique, face à l'Ottavia forte, douloureuse et incisive de Paoletta Maroccu. Carlo Colombara impose un vibrant Seneca, Nuccia Focile une sensuelle Drusilla, l'Arnalta privée de souffle de Lucia Rizzi constituant l'unique déception." (Opéra International - décembre 1994)

 Brigitte Balleys  et Cynthia Haymon

"Metteur en scène plein d'imagination, Pierre Audi, directeur artistique de l'Opéra d'Amsterdam, ne recule devant aucun ralentissement ou accélération du rythme de l'intrigue, basculant de l'inaction la plus totale à la franche exagération des mouvements. Point de triomphe de l'amour ici, mais un déchaînement de stupre et un combat impitoyable pour le pouvoir. Certaines idées ne manquent pas d'originalité, ni de sensualité, mais la réalisation ne se hisse pas au même niveau qu'il Ritorno, essentiellement en raison d'un décor, trop sobre, de Michael Simon, plateau largement ouvert avec quelques rares accessoires. Reste la séduction visuelle des costumes d'Emi Wada. Cynthia Haymon est une superbe Poppea sur le plan scénique, malheureusement plus incertaine, plus imprécise sur le plan musical. Tantôt confié à un falsettiste ou à un ténor, Nerone est ici distribué à une mezzo, choix particulièrement judicieux dans la perspective du travail de Pierre Audi qui préserve une troublante ambiguïté sur les sexes. Brigitte Balleys apporte à l'empereur un dramatisme et une conviction farouches, le caractère névrotique du personnage se traduisant par des gestes nerveux, voire exaspérés. Ning Liang offre avec les Adieux à Rome d'Ottavia la plus belle performance vocale de la soirée, tandis que Carlo Colombara apporte à Seneca, majesté, dignité et chaleur. Michael Chance reste, en revanche, à la surface d'Ottone, avec un chant monotone. Jean-Paul Fouchécourt, s'en donne à coeur joie dans le rôle d'Arnalta, et ne recule devant aucun des effets comiques du travestissement. Heidi Grant Murphy (Drusilla) pos-ède une voix un peu trop petite pour une salle aussi vaste, Claron McFadden (Valletto) et Sandrine Piau (Amore) remportant de beaux succès personnels. Dirigeant la version d'Alan Curtis, Christophe Rousset adopte une lecture peut-être trop austère et trop soucieuse de tempérer l'immense vitalité de la partition techniquement impeccable, sa baguette a du moins le mérite de ne pas nous ramener dans un musée poussiéreux." (opéra International - janvier 1994)

 L'Incoronazione à Salzbourg

"L'implacable rigueur du chef autrichien a malheureusement dû cohabiter avec la nouvelle politique artistique du Festival...En découle un véritable capharnaüm, où chaque membre d'un plateau particulièrement hétérogène tire la couverture à lui...Le spectacle de Jürgen Flimm...se réfugie constamment dans la plus plate convention des théâtres germaniques...Le seul fil condutceur de l'intrigue reste pour le metteur en scène l'attirance sexuelle entre les protagonistes...l'éloquence d'Harnoncourt au pupitre n'y peut rien, l'incohérence règne en maître, de la ravissante mais inexistante Poppée de Sylvia McNair au Néron névrosé et hystérique de Philip Langridge, du Seneca grossier de Kurt Moll à l'Ottavia fatiguée de Marjana Lipovsek, sans parler de l'Arnalta de Hans Jürgen Lazar qui suscite tour à tour l'hilarité et le dégoût." (Opéra International - octobre 1993)

 

"Pour sa nouvelle production de l'Incoronazione qui marque le coup d'envoi de l'anniversaire Monteverdi, le Teatro Comunale de Bologne a eu l'intelligence de réunir un plateau équilibré, à la diction impeccable jusque dans les plus petits rôles, nous permettant enfin de saisir la théâtralité et la surprenante actualité du texte. Triomphatrice de la soirée, Bernadette Manca di Nissa impressionne dans le travesti d'Ottone par la sûreté de l'émission, le brun cuivré du timbre et cette manière incomparable d'illuminer chaque mot d'accents différents, en parfaite osmose avec le déroulement de l'action scénique. D'une rare sensualité physique, Anna Caterina Antonacci apporte à Poppea un timbre d'une superbe qualité mais toujours à la recherche de son identité, elle accuse de plus en plus de difficultés à soutenir la ligne, à préserver la stabilité de l'aigu et à contrôler les piani. Plus équilibrée, Patricia Schuman fait admirer dans Nerone une émission maîtrisée, une diction soignée et un phrasé à la fois autoritaire et varié sa caractérisation de l'empereur, axée sur la fragilité psychologique du personnage, témoigne d'une intelli-gence remarquable. Remplaçant Jennifer Larmore, Gloria Banditelli déçoit un peu, en raison d'une émission instable et pauvre en nuances, tandis qu'Adelina Scarabelli dessine une piquante Drusilla. Suivant l'exemple de Nikolaus Harnoncourt dans son intégrale de 1974, le Comunale a eu la curieuse idée de confier Arnalta à un ténor ridicule sur le plan scénique ; Max René Cosotti souffre par ailleurs d'une tessiture totalement inadaptée à ses moyens, qui l'amène à offrir l'image d'un transexuel plutôt que d'une vieille nourrice. Avec une belle couleur vocale et une émission qui accuse seulement quelques efforts dans le registre aigu, Carlo Colombara interprète un Seneca émouvant. La lecture d'Ivor Bolton au pupitre laisse davantage perplexe utilisant une petite for-mation, il confie les parties de cordes à un seul instrumentiste et le continuo à deux a~picord~ un chitarrone et quelques autres instruments d'époque. Le chant n'en ressort que davantage, mais l'exceptionnelle richesse de timbres de la partition fait inévitablement les frais de ces choix minimalistes. Graham Vick, pour souligner la modernité de l'ouvrage, situe l'action dans la Rome du début du XXème siècle, avec Ottone et Nerone en frac et Poppea en décolleté style liberty. Le livret se prête malheureusement mal à ce genre de transposition, ce que l'on regrette d'autant plus que les décors de Paul Brown, d'une rare beauté, auraient été idéalement mis en valeur par le respect du contexte d'origine." (Opéra International - mars 1993)

Patricia Schuman en Poppea 

"Bien que respectant au maximum le caractère original de la musique de Monteverdi, René Jacobs lui imprime une dynamique et des cadences qui la rendent très accessible à un public de notre époque...Le résultat est des plus convaincants, d'autant plus que la mise en scène est en symbiose avec l'exécution musicalement contrastée...Les héros que nous montre Hampe sont des êtres bien vivants, laissant libre cours à leurs sentiments et leurs passions. L'alternance quasi shakespearienne du tragique et du comique est bien mise en exergue...Très dépouillé en revanche, le décor unique représentant une calotte de sphère terrestre, tandis que les costumes mêlent volontiers les époques. La distribution féminine était légèrement supérieure à la distribution masculine. Kathleen Kuhlmann est une Ottavia torturée, atteignant dans son adieu à Rome la limite du pathétique toléré dans ce genre de répertoire...Patricia Schuman ne lui est pas inférieure, Poppea d'une belle et mûre féminité, enjôleuse et déterminée. Darla Brooks est une pulpeuse Drusilla tandis qu'Etsuko Kanoh est pétulante et espiègle dans son rôle travesti de Valletto. Seule concession du chef au metteur en scène le fait que Nerone soit chanté par un ténor...Richard Croft prête à Nerone des traits humains et une voix stylée. Harry Peeters est un Seneca tout droit sorti de la statuaire romaine. La scène de son suicide est plasti quement très belle, et la voix possède toute la noblesse requise. Les rôles des deux nourrices sont confiés à des hommes, aux timbres de voix néanmoins très distincts, comme le sont aussi leurs statures.Ténor lyrique élevé, l'Américain Curtis Rayam confère à Arnalta des allures de matrone d'un relief tout particulier, chantant à ravir la berceuse du deuxième acte. Le contraste est total avec la Nutrice menue du contreténor bouffe Dominique Visse. Quelque peu en retrait, l'Ottone de Jeffrey Gall." (Opéra International - septembre 1993)

Dagmar Schellenberg et Daniel Munoz  à Marseille

"Comment expliquer que, pour sa première représentation d'un opéra baroque, l'opéra de Marseille ait choisi la version de Raymond Leppard, qui apparaît aujourd'hui comme une mutilation : trois actes fondus en deux, rôles supprimés, et une heure de musique en moins...Prenant le parti d'une intemporalité seulement ponctuée de quelques objets historiquement connotés, Numa Sadsoul et Luc Londiveau emportent l'adhésion...Pour tous les chanteurs, il s'agissait d'une prise de rôle. Possédant une ample nature de tragédienne ainsi qu'une voix longue, sombre et aussi tenue qu'expressive, Ning Liang campe une majesteuse Octavie. Victor von Halem propose un Sénèque convaincant...Quant aux deux rôles principaux, ils appellent plus de réserve. La voix de Dagmar Schellenberger, instable, est un obstacle à une indiscutable nature théâtrale. Et Daniel Munoz ne brille ni par sa finesse dramatique ni par son style vocal. Mais le plus regrettable de la soirée était dans la fosse. Par sa permanente mollesse...Nicholas Kraemer s'est montré peu capaable d'aider ses chanteurs. Heureusement un excellent continuo..." (Opéra International - juin 1993)

  •  Poppée couronnée à Marseille - Opéra International - avril 1993

"La version établie par René Jacobs combine dans Monteverdi les sources napolitaine et vénitienne. On put admirer l'harmonieuse mise en scène de Gilbert Deflo ainsi que l'adaptation réussie des décors de William Orlandi au cadre plus étroit du théâtre d'lnnsbruck. L'interprétation vocale offrait des hauts, mais malheureusement aussi quelques bas le soir de la première. Au bilan positif on fera figurer l'impérieuse Ottavia de Jennifer Larmore, dont le renoncement évite les larmoiements, la charmante Drusilla de Lena Lootens, l'agile Lucano de Wilfried Jochens, sans oublier le page impulsif de Christina Högman. Le Nerone de Carolyn Watkinson ne possédait en re-vanche pas, malgré de belles qualités dramatiques, suffisamment de force de projection vocale et Danielle Borst trahissait en Poppea un certain flottement stylistique. La plus vive déception, d'autant plus que le rôle était pour une fois pertinemment confié à un contre-ténor, vint de la prestation d'Axel Köhler en Ottone, totalement dépourvu de relief dramatique et donnant plutôt l'impression d'un ténor cherchant à maîtriser un emploi vocal qui lui est étranger. Cultivant une bonhomie un rien trop prosaïque, le Seneca de Michael Schopper manquait de rayonnement spirituel. En nourrices respectives d'Ottavia et de Poppea, Dominique Visse et Christoph Homberger forçaient cette fois vulgairement la note. Le jubilant finale de la version napolitaine avec ses fanfares de trompettes et les allègres vocalise des l'Amore replongèrent le spectateur dans une euphorie sans réserve." (Opéra International - octobre 1990) 

"Les couleurs nouvelles que Philippe Boesmans donne à l'ochestration originale, avec toute la gamme des vents modernes et un synthétiseur, semblent s'allier étrangement aux beaux décors changeants qui évoquent un monde étrange et quelque peu inquiétant d'Erich Wonder, et aux attitudes des personnages (Octavie figée dans une contorsion torturée)." (Opéra International - mars 1990)

l'Incoronazione di Poppea

"Une mise en scène et des décors d'un goût parfait, mais sans grand risque, sans originalité ni richesse...Quatre heures de spectacle dans un décor unique, à peine égayé par l'entrée d'accessoires mobiles...Une production remarquable par ailleurs...L'orchestre et le continuo ont été étoffés...tous les personnages ont été maintenus dans leur tessiture d'origine...Néron est confié à un alto féminin, Ottone à un falsettiste...Dominant indiscutablement la distribution, Carolyn Watkinson...d'une très belle prestance physique et vocale, stylistiquement très juste...son Néron associe la puissance...et la grâce...et devient dramatiquement convaincant...La Poppée de Danielle Borst est séduisante et rouée mais s'intègre plus difficilement...Jennifer Larmore est une Ottavia tragique et tendue à souhait...Lena Lootenss est une Drusilla jeune, passionnée et spontanée...Avec Michalel Schopper, Sénèque perd en gravité et en dignité ce qu'il gagne en vitalité...Un résultat remrquable de musicalité et de cohésion et de précision." (Opéra International - janvier 1990)

 "Le Couronnement de Bruxelles fera date...par la réalisation de Philippe Boesmans d'abord...Rien que Monteverddi et une harmonie totalement respectueuse de l'époque, une riche et subtile diversification de timbres résolument actuels...La mise en scène de Luc Bondy...exploite les moindres virtualités du livret de Busenello, pliant tous les chanteurs à une gymnastique complexe et implacable pour allier l'antique à la vision psychologique moderne...Un décor étrange et beau qui construit, comme l'univers sonore de Boesmans, un monde fuyant, biaisé, où s'affrontent les architectures froides du pouvoir impérial."

 

 

 "Comme culpabilisé par l'orchestration de Leppard, Peter Schneider met ses musiciens en réserve et tente un timide compromis entre l'ancien et le moderne. Une direction molle et invertébrée...Il faut dire que la mise en scène et les décors de Pierre Strosser ne l'incitent guère à déchaîner ses foudres...C'est beau, c'est simple, c'est plein de détails justes...mais on finit par être un peu lassé par le hiératisme systématique...Gregory Reinhart connaît son Monteverdi sur le bout des doigts et triomphe très justement, dans le rôle de Sénèque...Les moyens exceptionnels de Martine Dupuy, dans le rôle d'Octavie, sont toujours prêts à s'envoler, mais elle sait parfaitement les retenir...Jocelyne Taillon, en Arnalta, sait elle aussi émouvoir par la sincérité et la tendresse...Leontina Vaduva est une Drusilla charmante...Le couple impérial est un peu en deça, Patricia Schuman chantant joliment mais manquant de charisme, et Hans-Peter Blochwitz plus à l'aise dans les répertoires où peut davantage s'épancher son timbre lyrique."

"Celletti, animateur du Festival, démontre l'absence de cassure entre le style archaïque et le bel canto. Il souhaite le retour à une émission naturelle...et refuse en bloc la présence des contre-ténors...Alberto Zedda...utilise une basse continue composée de deux cembali. Le résultat est fascinant...Jouée dans son intégralité, cette Poppea est la plus fraîche, la plus attachante, la plus vivante, malgré son esprit grave et solennel...La mise en scène très équilibrée, les beaux décors reproduisant un amas de ruines de la Rome antique, et les spendides costumes du baroque vénitien ont largement contribué à faire de cette soirée un moment privilégié de l'été italien"

"Le dispositif scénique est constitué d'un interminable escalier rouge qui occupe la scène en biais et sur toute la hauteur, encadré d'une architecture peinte en noir brillant...les costumes appartiennent à des styles aussi hétéroclites que le caractère qu'ils reflètent et changent en fonction de leur évoilution...la direction de David Agler, tout en respectant la version de Raymond Leppard, restitue aux musicien le droit à l'improvisation, rétablit le rôle de Nutrice, et étoffe la part revenant à Néron." (Opéra International - avril 1988)

"Voulant restituer l'hypothétique version originale de 1643, Alan Curtis a volontairement réduit à la portion plus que congrue le rôle et l'effectif de l'orchestre afin que la voix puisse primer toujours la musique. Le résultat peut déconcerter mais convainc par la rigueur même que certains prétendent dénoncer...La fomation de onze instrumentistes, dont Gustav Leonhardt au clavecin, accompagne le chant avec un raffinement et une délicatesse tout à fait remarquables...Un Néron débonnaire et sympathique, une Poppée angélique, un Sénèque curieusement étranger à son destin...Passionnante initiative ovationnée par le public" (Opéra International - septembre 1985)

"Les deux rôles qui étaient dévolus à des castrats, Ottone et Nerone, ont été transposés et confiés à un ténor et à un baryton...Dennis Bailey est un ténor assez cocasse...mais qui se révèle en fin de compte dramatiquement un bon choix. La Poppea est l'ambition et la sexualité personnifiées, sensuellement troublante...Robert Lloyd campe un Seneca magistral dramatiquement. Malheureusement, Frederica von Stade fut remplacée par la jeune américaine Cynthia Clarey qui ne réussit pas à évoquer la passion et le désespoir de cette femme méprisée...Les trois déesses Amour, Fortune et Vertu placées sur des plateformes au dessus de la scène, étaient présentes pendant tout le spectacle. Elisabeth Gale était une Drusilla au chant virtuose et Dale Duesing un sympathique Ottone." (Opéra International - octobre 1984)

"Louis Erlo, assisté de Guy Coutance, a signé une mise en scène d'une implacable nécessité, avec des fulgurances superbes"..."Regrettons l'utilisation de l'inacceptable version Leppard qui...ne laisse subsister que deux actes, après des mutilations et des resserrements scandaleux"..."regrettons aussi la direction de Michel Corboz, sèche, monotone"..."une distribution d'une qualité exceptionnelle, à l'exception de Ryland Davies, Néron inconsistant"..."Margarita Zimmermann est l'incarnation même de Poppée, belle, lascive, perverse". (Opéra International - avril 1982)

Gwyneth Jones et Jon Vickers

 

http://www.forumopera.be.tf/

 

http://perl.club-internet.fr/cgi-bin/ehmel/ehmel_search.pl?query=Monteverdi&num_page=1&doc_type=2&doc_id=sy_650.1&doc_offsets=14%7C42%7C166%7C208&doc_hash=P1

 

 

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