PARSIFAL

DISCOGRAPHIE partielle/partiale avant 1966

DISCOGRAPHIE partielle/partiale après 1964

Parsifal

 

Parsifal a vaincu les Filles, leur gentil

Babil et la luxure amoureuse, et sa pente

Vers la Chair de garçon vierge que cela tente

D'aimer des seins légers et ce gentil babil ;

 

Il a vaincu la Femme belle au cœur subtil,

Étalant ses bras frais et sa gorge excitante ;

Il a vaincu l'Enfer et rentre sous la tente

Avec un lourd trophée à son bras puéril,

 

Avec la lance qui perça le Flanc suprême !

Il a guéri le roi, le voici roi lui-même,

Et prêtre du très saint Trésor essentiel.

 

En robes d'or il adore, gloire et symbole,

Le vase pur où resplendit le Sang Réel.

- Et, ô ces voix d'enfants chantant dans la coupole !

 

Paul Verlaine

     "Parsifal est le genre d'opéra qui commence à six heures. Après trois heures vous regardez votre montre, et il est six heures vingt " a écrit David Randolph qui connaît la musique puisqu'il est chef d'orchestre. Perso, je ne me suis jamais ennuyé quand j'ai assisté à Parsifal à l'opéra, ce qui doit bien représenter... un petit nombre de représentations;  certes moins que de versions que je possède (ou qui me possèdent), mais dont aucune ne m'a jamais ennuyé, si certaines m'ont moins plu. Et encore, l'ennui dans Parsifal, quand on aime, on peut le frôler, le pressentir un peu, mais le ressentir vraiment, jamais... Juste un soupçon, un zest, de même que d'après Édouard H. "la politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir un peu la merde mais pas trop", Parsifal, c'est comme la Recherche, ça doit sentir un peu l'ennui (sacré) mais pas trop.

historique

            Écrit de 1877 à 1882 (achevé le 13 janvier, 1 an et 1 mois avant la mort à Venise de Wagner), Parsifal était en projet puis en gestation depuis au moins 20 ans, peut-être même depuis 1845... Lohengrin, en 1847, nomme clairement le Graal et son père : "Mein Vater Parzival trägt seine Krone". Gabriel Bernard écrit qu'en 1849 à Dresde Wagner avait parlé de son projet d'opéra "Jésus de Nazareth", l'ancêtre de Parsifal, au révolutionnaire nihiliste russe Bakounine qui le reçut comme on peut l'imaginer.

      La première représentation eut lieu à Bayreuth le 26 juillet 1882 sous la direction de Hermann Levi. D'abord réservée à Bayreuth et dans le domaine public seulement depuis 1913, l'œuvre a d'abord été jouée en représentations privées à Munich en 1884 et 1885 à la demande de Louis II et contre la volonté de Wagner (plus ou moins, on ne refuse rien à son protecteur). En 1903 à New York, après procès gagné par le Met, Parsifal a été monté (et montré...) sur scène, avec, œuf corse, des représentations publiques. Et ce contre la volonté des exécuteurs testamentaires de Wagner qui n'avaient autorisé auparavant Parsifal qu'en version de concert, en extraits ou en intégralité, notamment à Londres, Paris, Milan et New York.

synopsis

           Complètement déjanté, commis l'été 2001 en Bretagne, ivre de chouchen et de Parsifal, des fragments délirants, un vrai tissu de parsiflages, consultables si l'on désire vraiment... ici et nulle part ailleurs (vous êtes prévenus, purs innocents).

          Au plus court
         1er acte
Parsifal ne sait pas, ne voit pas, ne comprend pas, n'interroge pas, ne secourt pas, ne pleure pas, ne rit pas. Kundry rit, ne réussit pas à secourir, ne peut pas pleurer.
         2ème acte Parsifal reçoit un baiser et refuse de baiser. Kundry donne un baiser et essaie de baiser.
          3ème acte Enfin de l'action, Parsifal se fait laver les pieds et la figure et donne un coup de lance symbolique. Kundry lave, pleure, meurt.

le fond

          Attention, à peine plus sérieux que ça...
        Mélange du mythe du juif errant devenue la juive errante et du mythe du Graal enrichi de la lance, manque plus que quelques morceaux de la vraie croix et quelques os de saint ou de chèvre pour établir à Montsalvat le lieu de pèlerinage des siècles et des siècles pour les papistes, comme Bayreuth l'est pour les wagnériens… Parsifal est le premier opéra végétarien (les chevaliers sont nourris par le Graal, puis quand il est en panne de roi, au 3ème acte, d'herbes et de racines), c'est aussi le premier opéra inspiré par Chrétien de Troyes et Schopenhauer, le premier opéra bouddhiste zen. C'est l'opéra de l'abstinence, de la non action, du non fait, de la non faute, du non dit, et ceux qui ont enfanté (Herzeleide), fauté (Amfortas) ou simplement ri (Kundry) ont sérieusement morflé… Non action : celle de Parsi au premier acte (OK, il tue un cygne, mais ça vaut pas) qui ne comprend rien à rien et n'agit donc pas, ce qui lui vaut d'être chassé... Non faute : au deuxième, le même Parsifal ne succombe pas à la tentation de la sexualité avec les mauvaises plantes ou avec la suprême tentatrice. Non dit : au troisième notre pur innocent ne dit rien à Gurnemanz qui pense même à un vœu de silence.

la forme

         Parsifal voit un retour plus fréquent à la rime, une moindre utilisation du Stabreim (allitération et assonances). L'écriture en est jugée maladroite, de compréhension difficile (cf. le fameux traduit Rédemption au Rédempteur), notamment dans le programme du TNOP 2003.

        La musique fait moins systématiquement appel au Leitmotiv (une trentaine seulement), les tempi sont lents (langsam, sehr langsam und langsamer sind dans un bateau) pas d'air à applaudir, d'ailleurs applaudissements non désirés à la fin des deux premiers actes, le Maître pour se gausser a dit qu'après l'orchestre invisible il aurait voulu des chanteurs invisibles, il y a d'ailleurs réussi partiellement avec les voix d'enfant (aus unsichtbarer Höhe) et l'Altstimme...          

Tu trouveras une discographie partielle (limitée à mes CD à moi, les préférés, c'est à dire les seuls que j'ai écoutés...) de l'œuvre, à compléter ultérieurement.  Pour l'amateur sérieux, on trouvera sur la Toile des discographies autrement plus exhaustives, plus sérieuses, plus documentées, plus mieux quoi. Mais ma mienne à moi que j'ai, je l'aime bien et n'y tiens aucun argument de valeur relative, quand j'aime une œuvre, j'aime toutes ses versions. Même les plus mauvaises ? Presque, du moins si elles sont sincères.

Références biblio-discographiques : voir ici

       Petite bibliothèque wagnérienne