operavivi le lyrique et moi, une longue histoire...
commis le 3/01/04

 

 

 

 

       Voilà, voila, il était une fois, il y a très-très longtemps, à Marrakech au Maroc, il arriva un jeune français de 10 ans dont les parents n'écoutaient jamais de musique, jamais-jamais. 4 ou 5 ans après il entendit au Palace, dans un film à la con de Walt Disney, avec des jumelles (une seule dédoublée par des trucages minables) la 5ème de Beethoven massacrée au piano, il se fit offrir à la première occasion valable (ou non) son premier disque de classique, la 5ème par Furtwängler qu'il passa en boucle sur une Teppaz qui n'avait connu comme musique que Jean Ferrat (Nuit et Brouillard, Ma môme, etc.).

        Revenu en France à 17 ans en 1966, il put découvrir en octobre les concertos de Tchaik' et de Rachm', mais sa révélation fut Paul Robson dans ses négro spirituals (Joshua - The battle of Jericho) qui le convainquit que la voix humaine, d'homme, de basse, y avait pas mieux au monde.

       Mais, en juin 67, il écouta (à la télé !) Don Giovanni (Gabriel Bacquier) retransmis d'Aix tout en noir et blanc et ce fut la conversion totale et définitive (...) : la plus belle musique était toujours la voix humaine, c'était toujours une voix d'homme mais de basse chantante ou de baryton et le plus grand musicien n'était plus Beethoven mais Mozart (que le jeune con que j'étais -avant de vieillir- avait jusques alors décrété du haut de son ignarité suffisante ne pas apprécier : et oui, c'était moi dans l'histoire).

      Il s'écoula 8 ans avant que je n'entende mon premier opéra pour de vrai, à l'Opéra (Garnier à l'époque), j'ai même oublié ce que c'était, du Verdi sans doute, mais j'étais marqué à vie. Avec le temps je suis passé de la basse au baryton et du baryton au ténor, j'ai découvert Wagner à la fin des années 70 seulement, par le biais de son oeuvre la plus facile sinon la plus courte (les Maîtres Ch., et ch. c'est pour chanteurs), je ne classe plus les musiciens par ordre de valeur, je n'ai découvert que récemment (dans les 6 dernières années -écrit en 2002, révisé 2004) d'autres compositeurs d'opéra (Prokofiev, Britten), j'ai arrêté pendant de longues années d'aller à l'Opéra, j'y retourne régulièrement depuis 5-6 ans, je sais que des domaines entiers de la musique classique me restent inconnus mais je ne ressens pas de manque, juste de la joie à le pensée de tout ce qui me reste à découvrir en lyrique et non lyrique.

      Pensez, il s'est sans doute écrit entre 40 000 et 50 000 opéras (dont 1000 après 1940 !), je n'en ai entendu que guère plus de 100, dont la moitié sans doute uniquement en enregistrement, vivement la retraite !

   Ce que j'aime dans l'Opéra (y compris opérettes, zarzuelas), c'est bien sûr et d'abord le plus bel instrument de musique de la création, la voix humaine, mais aussi le déroulement d'un drame ou d'une comédie, la sensation de nécessité du déroulement de l'oeuvre, la participation demandée en cas d'écoute active ou l'abandon en cas d'écoute impressionniste mais toujours avec des repères dramatiques. L'histoire aussi, même quand je n'y comprends goutte (les opéras russes).

     Pour l'opéra français, l'ordre -iconoclaste- de mes préférences (tout du 19ème !) est :
           La Damnation de Faust,
           Carmen,
           Pelléas et Mélisande -je sais, 1902 c'est au 20ème siècle,
           Les Troyens,
           Samson et Dalila,
           Les Contes d'Hoffmann,
           Faust
           Lakmé
           Benvenuto Cellini,
           Manon.
  NB : Il Viaggio a Reims, l'Enfance du Christ entreraient sans problème dans mon top 10, s'il s'agissait vraiment d'opéras, déjà qu'on chipote cette dénomination pour la Damnation ou pour les Contes...

    Pour l'opéra en étranger, mon trio de tête est Mozart, Verdi, Wagner, Strauss (quoi, y en a 4 pour un trio ? T'as pas lu les 3 mousquetaires ? L'année du transfert au Panthéon d'Alexandre, t'as pas honte ?). Et encore, je te parle pas de Monteverdi, Britten, Purcell ou Moussorgski, paske là, ça ferait même plus un quintette.


   J'aime aussi follement (non, quand  même plus raisonnablement) les lieder (Schubert avec Vivi dans le voyage en hiver, c'est... disons étonnant mais plus que ça encore), les mélodies, les chansons, les récitals vocaux, les oratorios, les madrigaux, les messes. Mes goûts sont simples, le meilleur me suffit, comme à Oscar.

    Le grand Dietrich, DFD himself lui-même d’abord, dans un des plus émouvants morceaux de musique, allez, pas d’exagération, le plus émouvant avec la mort de Socrate en mélodie (l’opéra est hors jeu, c’est plus facile de faire pleurer en racontant une histoire, surtout si elle n'est pas trop invraisemblable, celui qui n’y va pas de sa larme à la Traviata ou à Butterfly est un sans cœur à qui je ne parle plus –et non, surprise, on se réjouit pas trop tôt, c’est juste une façon de parler). J’en étais où ? ah, ouais, à DFD dans les Kindertotenlieder (1956), que ma chère blonde ne veut même plus écouter à cause que c’est trop triste ! EMI CDC 7 47657 2 (couplé avec les Rückertlieder (80) et le compagnon errant (55), rien que du bon !). L’intégrale de Dieskau vient de sortir en CD avec des inédits (intérêt ?), y a plus qu’à économiser… Plus récent (1991) Telarc CD-80629 les trois mêmes œuvres par Andreas Schmidt, très bien, mais… Ça existe aussi par des dames (j’lai en disque par Schwarzkopf), mais moi, je préfère les messieurs (pour le chant, mauvais esprits).

     Jessye Norman avec ses triomphes (1977 1984) Philips 430 213-2, la mort de Didon pour faire mentir ce menteur de Mencken (v’savez, celui qui trouve les opéras anglais émouvants comme le base ball italien) et puis ces mélodies françaises qu’on ne peut s’empêcher de fredonner ensuite " Je te veux " de Satie et les Chemins de l’amour de Poulenc et puis du Wagner, du Strauss, du Berlioz, du Mahler ! courez acheter et puis écoutez Norman, vous y reviendrez et vous en redemanderez ! même si comme moi vous préférez les mâles (voix, qu’allez-vous encore penser là ?).

    Une découverte récente pour moi (1996, merci France Mu), Socrate de Satie, avec 2 versions, une bonne, EMI CZS 7 62877 2 5 (1967 ou 1974), avec pour titre " Les inspirations insolites d’Erik Satie ", c’est 2 CD avec plein d’autres pièces, Gymnopédies 1 et 3, Messe des Pauvres, etc. c’est bien mais c’est une soprano qui chante Socrate et sa diction ne vaut pas celle impeccable du ténor Jean Belliard (en 1993), ainsi la mort de Socrate dure 4 mn de moins dans sa version que dans celle d’André Guiot et résonne des heures de plus dans notre âme, putain ! je vire lyrique,  z ‘en faites pas les gars, je vais me soigner ! donc prenez TIMPANI 1C1020 (avec les 6 Nocturnes pour piano et le 1er Menuet interprétés par Billy Eidi ( ?).

   En musique non lyrique, j'aime plutôt les sonates violon ou piano, puis les quatuors, un peu moins les concertos et encore un peu moins les oeuvres symphoniques, avec comme toute règle des tas d'exceptions...

    Je pense être quand même plus éclectique que certains qui ne jurent que par Bach ou même par Bach par Gould ou même par Bach par Lipatti ou même par Bach par Lipatti mais dans ses trois dernières années ou même par Bach par Lipatti mais à Besançon, même si chez un disquaire je me porte d'abord (et souvent seulement) vers le rayon lyrique.

    Et c'est ainsi que je suis toujours tel qu'en moi-même je me change, celui qui se vautre toujours dans la même bauge,
       - qui n'écoute pratiquement que de la zizique de l'avant-dernier siècle et de l'antépénultième, mais attention, toujours les mêmes deux-trois opérettes de mauvais goût (Épousailles à Fifi, apologie éhontée du marivaudage anté-et-post-marital; Extraits de la bande son d'Apocalypse now agrémentés -sic- de beuglements yoddlés divers, et Pal farci, opéra au prosélytisme suspect et à la misogynie bien choquante en nos temps d'universelle correction politique),
       - qui trouve que ce vieux réac de Jon Vickers, qu’il affuble du sobriquet ridicule de Vivi, comme si cet honnête chrétien père de famille, qui a refusé de jouer Tannhäuser pour des raisons éthico-chrétines, avait quoi que ce soit à voir avec des personnes de mœurs douteuses (j’ai pas dit dragqueens, pas la tête, euh, pas ailleurs non plus), est un homme merveilleux et le plus grand ténor des ténors, alors que personne ne sait qui c’est (et que personne ne sache non plus qui est Melchior ne change rien au problème), qu’il fait même pas partie des 3 ténors, qu’il est pas maqué avec la Gheorghiu et qu’il n’a enregistré que 5 ou 6 rôles de peu de valeur (Siegmund, Don José, Énée, Canio, Radamés, Grimes, Parsifal, Florestan, Pollione, Hérode, Otello, Don Carlo, Riccardo, Tristan, Samson, Iasone, et j'ai même déniché un air de Manrico) et joué quelques autres de plus à la scène avec encore moins de succès (Herman, Chénier, Des Grieux, Don Basilio, Cavaradossi, Alfredo, Alvaro, Cellini, Vasek, le Duc, Rinuccio, etc.), ce sous la direction de chefs de peu d'envergure et d'encore moins d'oreille qui ne se sont pas rendus compte qu'il chantait comme une casserole (Böhm, Davis, Giulini, Goodall, Kempe, Karajan, Klemperer, Knappertsbusch, Kubelik, Leinsdorf, Levine, Prêtre,Serafin, Solti, Stein, entre autres),
      - qui n’arrête pas de faire des propositions subordonnées pas concises si absconses qu’on s’y perd.
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vivi otello