operavivi  glossaire de l'opéra

spécial Vivi, Jon Vickers

commis le 20/05/04

Des glossaires de l'opéra, y en a dans tous les bons ouvrages, des sérieux et documentés, alors je me suis dit qu'il ne servait à rien d'en rajouter un si je n'y mettais point un ch'tit grain de fantaisie.
Ainsi soit-il !

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Va voir le dictionnaire des dictionnaires, le Trésor de la Langue française, ou TLF pour les intimes. Les textes en mauve en proviennent, si tu aimes notre belle langue et que par hasard tu ne connaissais pas ce site, tu m'en remercieras sans aucun doute !

abonnement   achat, à l’avance, de places à une série de spectacle, sans économie de prix pour l’abonné mais en ayant l’assurance de disposer de places sans avoir à faire la queue. Le Théâtre national de l’Opéra de Paris proposait jusqu'en 2003 une formule intéressante :

l’« abonnement libre», où le nombre, la nature (opéra, ballet, concert) des spectacles, les dates et les œuvres sont au choix de l’abonné, avec en plus possibilité de règlement fractionné en 3 fois et changement possible de jour en cas d’imprévu... Hélas, avec Gérard Mortier, exit cette géniale mesure...

air aria arioso arietta ariette partie chantée entre deux récitatifs, le cœur de l’opéra en fait, certains airs célèbres le sont plus que l’opéra dont ils proviennent : air des Clochettes de Lakmé, air de Nadir des Pêcheurs de Perles, etc. Au 18ème l’aria da capo était en 3 parties avec reprise de la première dans la troisième (reprise au début = da capo). Arietta et ariette sont des airs sans répétition. L’arioso est une partie chantée / déclamée, un peu entre récitatif et air. Avec le temps, l’évolution de l’opéra a conduit à la disparition des airs par fusion et suppression du récitatif, comme dans l'opéra allemand "durchkomponiert", le meilleur exemple étant l'opéra wagnérien. Il existe des arias métaphoriques, des arias paraboliques, on peut très bien vivre en aimant l’opéra sans savoir ce que recouvrent ces vocables ; l’air de Fiordiligi « Come scoglio » dans Cosi est un air métaphorique, en fait une parodie d’aria métaphorique = Fiordiligi utilise une métaphore illustrée par la musique pour décrire la fermeté (comme un rocher) de sa fidélité à son Guglielmo de fiancé (on sait ce qu’il en advient).

acte subdivision de l’opéra, il y en a de 1 à 5 selon les opéras, ceux de Wagner en font 3, beaucoup de Strauss n’en font qu’un, l’opéra français classique en a 5, le nombre ne fait rien à l’affaire, si c’est bon, etc.

alto type de voix de chanteur-chanteuse. Voir contralto pour les dames, pour les hommes l’alto est une basse qui chante en fausset.


ballet partie dansée, généralement, mais pas toujours, sans aucun rapport logique avec l'action, sauf dans les opéras de Mozart, mais n'est pas divin qui veut, rendue strictement obligatoire dans l'opéra français du 19ème afin que les Messieurs puissent lorgner en toute impunité les mollets et tutu de leurs protégées et surtout les faire lorgner aux autres... cf. l'affaire Tannhäuser. Bon, c'est pas lié au 19ème, danse et opéra (et même théâtre, Le bourgeois gentilhomme est une comédie ballet) ont été intimement liés dès leur naissance au 17ème, en France comme en Espagne avec la zarzuela. Et au siècle suivant  Les Indes galantes de Rameau sont un opéra-ballet au succès international à l'époque.

baroque une seule adresse pour tout savoir sur le baroque en opéra

Le magazine de l'opéra baroque,

site sur l'opéra des 17 et 18èmes siècles, très complet sinon exhaustif (mais presque ! ) qui nous accueille ainsi : "Vous aimez l'opéra baroque ? Ce site est fait pour vous ! Vous y trouverez de quoi vivre votre passion : éditorial, agenda des concerts, émissions de radio, télévision, discographie complète, les nouveautés et leurs critiques, bibliographie, livrets, et de nombreux liens pour en savoir encore plus sur l'histoire de l'opéra baroque, les chefs, les artistes, les représentations, etc. ". C'est le meilleur site d'opéra que je connaisse, un modèle, un idéal, malheureusement (ou heureusement ? sinon y aurait plus rien à faire !), il ne parle que peu et incidemment de Chéri Vivi Jon Vickers...

baryton baryton verdi, baryton martin, baryton Maurel : voix masculine pas assez profonde pour être une basse et pas assez aiguë pour faire le ténor (encore que des ténors assez honnêtes comme Bergonzi, Domingo, King, Melchior, Svanholm, Vinay et d’autres aient commencé –et fini pour Vinay- comme baryton). Cette définition peu emphatique ne doit pas faire oublier que des rôles entiers de très haut niveau ont été confiés à des barytons à toutes les époques de Don Giovanni à Billy Budd en passant par Figaro. La figure mythique du baryton de lieder (où il est, à mon avis, encore bien meilleur que dans ses prestations à l’opéra) est DFD, Dietrich Fischer Dieskau.

basse chanteur mâle dont l’étendue de la voix (souvent appelée tessiture, terme refusé par les puristes) peut aller du mi1 (et même pour des basses slaves –Christoff- du sol-1) au fa 3. basse noble basso cantante (basse chantante) bass-bariton (D) ou basse-baryton : Wotan, Sachs. Des rôles de basse pas trop bas sont parfois chantés par des barytons, comme dans Don Giovanni, au hasard...

Bayreuth ou la « colline sacrée » de Lavignac, celle que l'"on doit monter à genoux" ville de Bavière où Wagner construisit sa demeure Wahnfried et son théâtre (1800 places), subventionné par Louis II de Bavière et d’autres mécènes. Inauguré en 1876 avec le Rheingold, Bayreuth est le lieu depuis 1883 (avec Parsifal) du Festival Richard Wagner avec les guerres pour seules interruptions. Ce festival est la Mecque des wagnériens. Voir aussi bibliographie wagnérienne.
La fosse d'orchestre est couverte, la dispositions des instruments est différente de celle classiquement adoptée "Vous avez tout d'abord les violoncelles et les contrebasses, coupés en deux, placés à gauche et à droite du chef, tout comme d'ailleurs les bois. Ensuite, nous avons, à Bayreuth, l'emplacement inversé des violons : chez nous les premiers violons se trouvent à droite du chef, les seconds à gauche." Entretiens avec Wieland Wagner

bel canto beau chant, voir ici

bis pratique tombée en désuétude pour l’art lyrique, la demande des spectateurs de répéter (ou bisser) un air connut son apogée avec l’opéra du 18ème ou avec le bel canto, les artistes avaient même parfois pour habitude de « bisser » avec un autre air de leur répertoire sans aucun rapport avec l’opéra du jour. Pour me faire mentir sur la désuétude du bis, William Christie nous a en donné en 2003 un d'anthologie. À la fin des Indes galantes de Rameau à l'Opéra Garnier, monté sur scène pour les applaudissements, il a dirigé l'orchestre dans l'air "Sur nos bords, l'amour vole" de la dernière Entrée "Les sauvages" tout en esquissant, et même plus qu'esquissant, une exquise danse de sioux avec Patricia Petitbon, et il a même bissé le bis (je rappelle son disque harmonia mundi HMC  901367.69, avec Sandrine Piau et Jean-paul Fouchécourt et tous les autres, tous excellents).

buffo comique, vivace opera, buffo = opéra comique, chanteur buffo = chanteur de rôle comique, basse-bouffe = Osmin dans l’Enlèvement au Sérail.


cadence ornementation brillante (en est-il d'autres ?) à la fin d'un air qui servait de démonstration de virtuosité au chanteur baroque qui interprétait improvisait plus ou moins "ad libitum"

cabaletta (cavaletta, cabbaletta, de l’italien cavatinetta diminutif de cavatina diminutif de cavata = extrait de, dérivé de) air bref, de rythme simple, avec reprise (ce qui le distingue de la cavatine). La reprise est généralement sujette à des variations et ornements au gré de l’artiste. Au 19ème la cabaletta a désigné la section finale d’un air, rapide et brillante (avec dérivation de sens par analogie avec cavallo = cheval ?)

cavatine (voir supra pour l’étymologie). air court ou chanson sans reprise (pas de "da capo") C’est une cavatine que l'air de Barberine "L'ho perduta" que je considère comme une des plus belles choses qui aient jamais été chantées (et pourtant, à ma connaissance du moins, Jon Vickers mon Vivi ne l'a jamais interprétée).

chœur (du grec khoros danse célébrative et ses exécutants) ensemble de chanteurs qui, au début de l’opéra, se contentait comme le chœur antique de commenter l’action sans y prendre part. Depuis Gluck, le chœur est devenu un protagoniste à part entière, dont l’importance a augmenté au fil des ans pour atteindre à sa plénitude avec Wagner, où le chœur des Meistersinger participe pleinement à l’action. Dans Peter Grimes de Britten, le chœur est l’adversaire acharné et conformiste du non-conforme Peter. Les chœurs d’opéra sont souvent les derniers survivants des troupes d’opéra, chaque grand opéra (Paris, Covent Garden, Vienne, Met) ayant son chœur (et son chef de chœur attitré, dont certains ont atteint une certaine célébrité comme Wilhelm Pitz à Bayreuth). Les chœurs sont composés de ténors, contraltos et basses, en nombre variable. Leurs airs, surtout quand ils sont composés par Verdi, sont tellement appréciés qu’ils sont utilisés pour les publicités de déodorants, PQ et autres litières pour chat. La gloire, quoi… Citons l’air des esclaves de Nabucco, l’air des forgerons du Trouvère, les chœurs d’Aïda, le chœur des soldats (éclopés) de Faust. Les chœurs russes (dont le rôle dans Boris Godounov où ils représentent le peuple est pratiquement le premier) sont aussi célèbres mais ont pour l’instant moins inspiré les publicistes…Il existe aussi des chœurs d’enfant (dans Carmen).

claque spectateurs payés pour applaudir un chanteur ou pour contribuer au succès d'une œuvre par un enthousiasme qui se veut communicatif. Le contraire de la claque est la cabale, sorte d'anticlaque destiné à entraîner l'échec d'un artiste ou d'une œuvre... Parfois les deux factions entrent en contact percutant (si j’osais, je dirais que les deux claques s’échangent des claques), ainsi deux claqueurs se retrouvèrent en prison après une représentation de la Callas à la Scala.

coloratura ornementation riche d'une mélodie et par extension qualificatif de la soprano qui s'illustre dans ce type de musique embellie de belles fioritures... (mais pourrait aussi bien qualifier une mezzo ou même un baryton chez Rossini !)

comprimario correspond pour l’opéra à ce qu’est au théâtre (au cinéma) le rôle de complément ou à l’acteur de complément ; un comprimario peut parfois être un chanteur d’un immense talent au début de sa carrière (regardez les chanteuses des filles fleurs à Bayreuth) ou en fin de carrière (Michel Sénéchal jouant des valets de comédie - p. e.  dans les Contes - après avoir eu les rôles les plus prestigieux à Salzbourg).

contralto : voix féminine, c’est la basse des femmes (contra alto = contre l’aigu) étendue de sol2 à sol4, sa sonorité est riche (Erda).

contre ténor voix masculine aiguë, à l’émission aidée par une voix de tête et même une voix de fausset. Le contre ténor a été préféré par l’opéra français des 17 et 18èmes au castrat. Bien plus récemment Britten choisit un contre ténor pour l’Obéron du Songe d’une nuit d’été.

coup de glotte méthode de chant où l’on attaque la note en « fermant les fausses cordes vocales (deux membranes au-dessus des véritables cordes vocales) avant de les rouvrir rapidement afin de libérer le son ».

crescendo (augmentant en italien) augmentation rapide du volume de la voix ou de l’orchestre. Le premier opéra ayant fait appel au crescendo aurait été le Bellerofonte de Terradella en 1741, pas avant ! Ce premier emploi a pourtant été attribué à Rossini qui effectivement fut prodigue en crescendi (pensez à l’air de la calomnie de Don Basile dans le Barbier ou à l’ouverture de Guillaume Tell ).

danse voir ballet.

décors minimaliste ou bêtement expressif, toujours critiqués.

didascalies 1. Instructions données par un auteur dramatique aux acteurs sur la manière d'interpréter leur rôle :Selon le dictionnaire, la didascalie est une instruction que l'auteur dramatique faisait aux acteurs sur la manière de jouer sa pièce. "Il a dû y avoir de retentissantes attrapades entre Euripide et ses interprètes." GREEN, Journal, Le Bel aujourd'hui, 1955-58, p. 75. 
       Wagner a écrit de riches didascalies qui ont donné du fil (de colombe) à retordre (raccourcir) à ses metteurs en scène (son petit-fiston Wieland Wagner avait refusé au Kna en 1951 la colombe de la scène de fin de Parsifal et finalement la lui avait "accordée" mais le fil qui la suspendait était trop court pour être vu du public !)


ensemble : partie d'un opéra chantée par plusieurs protagonistes, du duo (d'amour, ou plus rarement, de haine) à l'octuor en passant par le quatuor, etc. "Les ensembles peuvent encore avoir une autre fonction qui les rapproche de l'aria. Nous avons  alors affaire à des sortes d'arias polyphoniques qui intensifient le climat de la situation  : supplication, stupeur, joie sereine, recueillement. Le plus bel exemple, dans les Noces, est Ah ! tutti contenti, qui suit immédiatement le pardon final accordé par la comtesse.Hocquard in Les Opéras de Mozart, Les Belles Lettres/Archimbaud.

étendue se confond le plus souvent avec la tessiture.


fausset : moyen de produire plus facilement les notes aiguës, souvent reproché par les ignares au chanteur qui l'emploie - reproche de cuistre, si c'est une technique parfaitement au point. Le fausset permet aux chanteurs d'obtenir des tessitures d'alto et de soprano.

fioriture trait ornemental écrit ou improvisé qui orne la mélodie, dans le bel canto essentiellement. Aussi appelé coloratura (d’où le nom donné à la soprano -le plus souvent- qui l’utilise).

fosse d’orchestre emplacement de l’orchestre devant la scène, à un niveau plus bas ; la fosse de Bayreuth est nommée « abîme mystique », elle est couverte afin de ne pas détourner l’attention du public.


générale dernière répétition d’un opéra, en costumes, avec décors, éclairages et jeu scénique complet.

giocoso (dramma) drame joyeux, au hasard le plus célèbre, Don Giovanni.

grupetto groupe de notes, alternance d’une note principale avec deux notes secondaires, une au dessus et l’autre au dessous. Utilisé notamment par le baroque et par Wagner.


haute-contre Monsieur chantant, souvent très bien, comme une Dame, employé assez fréquemment dans l'opéra français du 18ème qui ne trouvait pas les castrats aussi bandants que les anglais et les italiens. Sa tessiture dépasse en aigu celle du ténor mais ce n'est pas une voix de fausset (ni de castrat, sauf accident "mais qui ne nous regarde pas").

Heldentenor (de Helden = héros en teuton et de ténor que je ne traduirai pas, z'avez qu'à trouver tout seul) ténor genre Vivi chantant Siegmund ou Tristan, ou Melchior chantant Siegmund, Siegfried, Tannhäuser, Tristan, Lohengrin et le reste, mais quand même pas tout en même temps, brèfle plus fréquemment employé chez Wagner que chez Cimarosa, mais Otello pourrait être catalogué Heldentenor malgré son italianité (mauresque)
On parle aussi de Heldenbaryton, baryton héroïque, mais pas de Heldensoprano, encore que...


Iphigénie 1er opéra suivi d'une centaine du même nom.

janacekien qualificatif de l'œuvre de Janacek utilisé pour meubler.

jig (ou jigg) farce chantée et dansée, à base d'airs populaires (jig = gigue), pratiquée sous la Reine vierge, enfin sous son règne... Un ancêtre lointain des opérettes de Sullivan et Gilbert ?
Ne pas confondre avec "gig" spectacle en argot du music-hall...


korngoldien pareil, mais pour Korngold

larynx partie anatomique de la gorge où sont situées les cordes vocales à l’origine des chants les plus beaux. La Banti (soprano, 1756-1806) légua le sien à la municipalité de Bologne qui le conserva dans l’alcool (qui, en ce cas, a des avantages sur l’eau ferrugineuse).

legato (du latin legare, lier) liaison des notes, en chantant dans le cas qui nous intéresse. Le "legato" est souvent employé comme un terme emphatique par les amateurs, alors qu'il n'est qu'une obligation (ou, plus rarement, non) de la partition, le minimum syndical, quoi. Son opposé est le staccato.

Leitmotiv (de l'allemand Leit-leiten = conduire, diriger et motiv -prononcer motif- là j'ai un trou, ch'sais plus ce que ça veut dire, mais vous avez peut-être une idée à me soumettre ?) c'est le Hauptmotiv ou le Gründ motiv de Wagner (Haupt = principal ou Gründ= fond, et motiv, euh, zut, je l'ai sur le bout de la langue, ah, ça me reviendra sans doute), c'est un motif musical plus ou moins court qui caractérise un protagoniste ou même un sentiment, une idée, etc. et qui resurgit de loin en loin avec, quel hasard, le protagoniste, le sentiment, l'idée ou l'et cætera dont au sujet duquel il est question. Les leitmotive se mélangent parfois, se superposent, fusionnent dans certaines situations dont je vous laisse imaginer certaines. 
       Richard n'est pas l'inventeur du leitmotiv, il y en a chez Gluck, chez Mozart, notamment dans Don Giovanni, dans Cosi, chez Weber dans le Freischütz et Euryanthe. C’est même un exégète wéberien et non wagnérien qui inventa le terme, mais Wagner en est l'illustrateur le plus illustre, même s'il n'en a pas fait un dogme, il l'a utilisé de plus en plus dans ses œuvres.   
     J'emprunte à Tranchefort (qui n'émascule pour autant pas sa prose) ces phrases que j'aurais pas trouvé mieux (p’tain, le style, la classe !), même en cherchant beaucoup :"Le leitmotiv wagnérien n'est pas un simple aide-mémoire [Gedächtis-motiv a aussi été employé]: c'est hors de tout esprit d'analyse -en quelque sorte par l'inconscient- que le leitmotiv doit produire les associations d'idées voulues par le compositeur. Identifier un leitmotiv importe moins que de ressentir le caractère particulier que lui confère l'action - non souvenir mais reflet du passé dans le présent (démarche qu'empruntera sans difficulté tout proustien !)"

livret le texte qui sert de support à la musique, le pire (fréquent, trop fréquent) y côtoie (rarement) le meilleur. Da Ponte, Berlioz, Wagner, Boito, Hofmannsthal ont écrit des livrets pour leur compte ( B., W., B.) ou ( da P., H., B.) pour Mozart, Verdi, Strauss qui supportent la comparaison avec les meilleures œuvres littéraires. À côté de ça, que de vers de mirliton, d'inepties, de sottises... Au point que je préfère les livrets en étranger (je ne parle pas l'étranger)... Un bémol : l'auteur du livret est tenu à une simplicité dans le vocabulaire et la syntaxe (p'tain, composer un livret je le sens pas) sous peine que de compréhensible à moitié ou au quart, le livret ne devienne incompréhensible à 150 % ! D'où l'emploi obligé des mots-clés (Amour, mio tesoro, Ahimé qui permettent au spectateur de s'y retrouver un chouia.

   Compositeurs librettistes itou : Berlioz, Schumann, Borodine, , Wagner, Boito, Charpentier, Chausson, Chostakovitch, Berg, et j'en oublie...

   L'opposition parole (livret) musique (partition) ou leur collaboration sont le sujet même de Capriccio, le dernier opéra de Strauss. Le dernier air de la Comtesse nous le dit :

Vergebliches, Müh'n, die beiden zu trennen,
In eins verschmolzen sind Worte und Töne -
zu einem Neuen verbunden.
Geheimnis der Stunde-
eine Kunst durch die andre erlöst !

Peines perdues, de séparer les deux,
Paroles et notes se fondent en Un,
s'unissent en un [art] neuf,
Secret de l'heure-
Un art grâce auquel chacun sauve l'autre

Approximative BL-mienne traduction

       Mais dès les débuts, ou preque, de l'opéra la question de la prépondérance du texte ou de la musique avait fait débat, c'était un des points qui opposaient les réformateurs "gluckistes" en faveur de la simplification de l'opéra aux conservateurs "piccinnistes" partisans de l'opéra italien et de la primauté de la musique, Gluck et Piccinni se sont opposés en écrivant tous les deux une Iphigénie en Tauride, et c'est Gluck qui a gagné au tribunal de la postérité...

       Et laissons la parole finale à Wolfie Amadeus qui écrit à son léopoldien papa (lettre du 13 octobre 1781) : "Un opéra plaira d'autant plus que le plan de la pièce est bien fait ; les paroles étant écrites uniquement en vue de la musique et non pour satisfaire ici ou là une pauvre rime [..] . Ce qu'il y a de mieux est la rencontre d'un bon compositeur qui comprend le théâtre et qui lui-même capable de donner des indications et d'un poète intelligent ce qui est un véritable phénix." Heureusement Vienne avait son phénix avec da Ponte.

loi de Baumol l’opéra est une activité culturelle très déficitaire et très mangeuse de deniers publics (en France- en l’absence des mécènes US du Met). La loi de Baumol prend donc toute sa valeur «Toute activité culturelle est condamnée au déficit, et par voie de conséquence, à une intervention qui vient solvabiliser la demande. La raison en est simple : le secteur culturel ne fait pas l’objet de gains de productivité, contrairement au secteur représentatif du reste de l’économie. Dans la mesure où l’on entend payer des salaires égaux dans le secteur culturel à ceux qui sont rendus possibles par l’existence de gains de productivité dans l’autre secteur, les coûts des activités culturelles ne peuvent aller qu’en augmentant. On en arrive alors au résultat annoncé : il convient de subventionner la demande pour maintenir l’accès à la culture.» Xavier Greffe et Xavier Dupuis in «Existe-t-il une économie de la production lyrique ?» Le Monde 13-14 juillet 1980. Corollaire : chaque spectateur est très largement subventionné par la collectivité nationale et/ou régionale (exemple de l’Opéra de Paris : les recettes de vente de places ne représentent que moins de 20 % des dépenses du TNOP), donc vous qui vous plaignez de payer trop d’impôts nationaux et:/ou locaux, venez en récupérer une partie en prenant un abonnement à l’opéra !

suite du glossaire

Autres adresses de glossaire ouaibe :

Chant choral en Belgique francophone - Glossaire des termes ...
Petit dictionnaire des termes musicaux.
Glossaire de l'Atelier du Chanteur

Glossaire de l'IRCAM "La voix et l'ordinateur"

Glossaire musical  de Jean-Paul Kerloch

Glossaire du site des basses  glossaire succinct mais pas inintéressant

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