operavivi glossaire de l'opéra

spécial Vivi, Jon Vickers

commis le 20/05/04

Des glossaires de l'opéra, y en a dans tous les bons ouvrages, des sérieux et documentés, alors je me suis dit qu'il ne servait à rien d'en rajouter un si je n'y mettais point un ch'tit grain de fantaisie. Ainsi soit-il !

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Va voir le dictionnaire des dictionnaires, le Trésor de la Langue française, ou TLF pour les intimes. Les textes en mauve en proviennent, si tu aimes notre belle langue et que par hasard tu ne connaissais pas ce site, tu m'en remercieras sans aucun doute !

master classe cours donné par un maître (qui peut être une maîtresse, comme Callas, Schwartzkopf) à des élèves déjà formés, en général débutants dans le métier de chanteur, afin de les faire bénéficier de leur magistrale expérience et de toucher des honoraires magistraux.

mezzo-soprano comme qui dirait une barytone...

mise en scène, metteur en scène:
l’importance de la mise en scène et du metteur est récente, on s’en choque maintenant, il y a "trahison des volontés du compositeur" (on fait tourner les tables pour les connaître, sans doute), "anachronismes" (et l’opéra n’est-il pas l’ANACHRONISME des ANACHRONISMES ?), "sophistication exagérée" (l’opéra en soi etc.), "simplification à outrance", "détournement de hiérarchie", le chef d’orchestre n’étant plus le chef (au départ, c’était pourtant seulement un marqueur de mesure…) et j’en passe. Je pense que les mises en scènes contemporaines se doivent d’être contemporaines novatrices e tutti quanti. Modeste amateur d’opéra, j’ai assisté à une vingtaine de Noces (ou à une dizaine de Parsifal), encore heureux qu’une tradition établie et inébranlable ( …) ne m’ait imposé 20 fois (ou dix fois) le même spectacle, aux artistes près.
         J'opine (du chef) avec ces lignes de Paul Frantz (dans Lexique des termes littéraires. Michel Jarrety, Librairie Générale Française, Paris, 2001) :
         "Une autre raison explique l'importance qu'a prise progressivement la mise en scène : l'existence exponentielle d'un répertoire dont l'origine s'éloigne se plus en plus dans le temps, qui rend impossible une approche totalement naïve de ses chefs-d'œuvre et exige une interprétation, une "lecture" renouvelée. {...] La mise en scène implique donc nécessairement le choix que le spectacle
[l'opéra] va entretenir avec le public : distance, distanciation, illusion, adhésion, etc. [...] La mise en scène s'est imposée [..] dans une rivalité croissante avec l'art individuel de l'acteur [du chanteur] (parfois réduit ... au statut de marionnette) et avec l'écriture dramatique [musicale] qu'elle a parfois totalement remplacée [violée]."      

    La mise en scène d'opéra a connu sa première révolution avant la der des der avec le suisse Adolphe Appia (1862-1928), auteur en 1895 de "La mise en scène du drame wagnérien" qui théorise la relation "acteur, espace, lumière, peinture" et qui, aidé en cela par les progrès de l'éclairage de scène, cadeaux de la fée Electricité, donne toute sa place à la lumière. 
       Et la deuxième révolution est également wagnérienne, ô combien ! puisque c'est Wieland Wagner, le petit fils de Richard qui débarrasse le Walhalla de ses casques à ailes, de ses tresses de raccroc et autres rochers en carton-pâte juste après la guerre qui suit la der des der. Le relais sera pris par Chéreau en 1966.


Nadir bizétien pêcheur de perles dont la plus belle est son air "je crois l'entendre encore" chanté à la perfection par Alain Vanzo, moins parfaitement et en italien par Beniamino Gigli et encore moins parfaitement par Nicolai Gedda (et devine lequel je préfère ? ben oui, le moins bon).

Je crois entendre encore,
Caché sous les palmiers
Sa voix tendre et sonore
Comme un chant de ramiers !
Ô nuit enchanteresse !
Divin ravissement !
Ô souvenir charmant !
Etc.

naturalisme vérisme à la française (exemples Le Chemineau de Leroux, Louise de Charpentier), Camille Bellaigue (Revue des deux mondes, 1900) en a dit "Charpentier est un réaliste en ce qu'il chante le peuple et la vulgarité. Or, il y a des choses qui ne méritent pas d'être chantées". On se permettra de ne pas partager cet avis, même si l'on n'est pas un grand fan du vérisme.

note signe écrit donnant la hauteur et la durée des sons musicaux dans le système de notation occidental, ou son produit  même par un qui sait pas qu'une blanche vaut deux noires. Ce qui est top, c'est de ne jouer que les meilleures, suivant le conseil de Mimile (Davis)...

nuance modification de l'intensité d'un son ou des phrases de l'exécution musicale`` (Mus. 1976). "Ne négligez pas de mettre avec soin [lorsque vous écrivez pour orchestre] (...) tous les signes indiquant les nuances, les coups d'archet, les accents, les liaisons, les détachés, etc." (E. GUIRAUD, BUSSER, Instrument., 1933, préf.). Peut aussi résulter des différences de vitesse du chant

opéra (du latin opus, opera au pluriel = œuvres) au départ "dramma in musica" puis opera in musica, œuvre en musique. Nous devons le terme opéra (en français, cocorico) à un français Cambert (pas loin du nom d’un fromage qui pue) et à son librettiste Perrin, en 1659,
         On pourrait dire que c'est le spectacle le plus merveilleux et le plus sophistiqué au monde où l'on andiam-andiam-andiamo en marchant sur place et où l'on meurt sans un cri mais en chantant pendant des heures (cf. Jeanson) dans une agonie sans fausse note à faire pleurer d'émerveillement, mais je ne le dirais pas, nom d'une prétérition !
       Ou bien on parlerait plus platement d'une œuvre musicale où interviennent un orchestre plus ou moins fourni, la voix humaine (et sauf exception, plusieurs voix, c'est pas un lied, un psaume ou une chanson), une histoire dramatique ou cocasse de fiction (ou de réalité reconstruite, type Nixon in China de John Adams), parfois abracadabrantesque, parfois simplissime (plus rarement, avouons-le), des décors et des costumes, parfois une chorégraphie, des spectateurs (important, ça, les spectateurs, y en a qui ont du talent, remarquez que je ne cite pas, quelle modestie ! d'autres qui en ont moins) et quelques ouvreuses, mais bizarrement pas le moindre raton laveur, sauf erreur dont vous voudrez bien m'excuser.
         L'opéra est né en Italie en 1595 avec Dafne de Jacopo Peri (1561-1633), dit El Zazzerino (à cause de son abondante chevelure de zazou). Son Euridice (1600) est le premier opéra dont nous possédions livret (de Rinuccini) et partition, ce sacré zazou y avait introduit des morceaux de musique de son rival Giulio Caccini (+/- 1545-1618). Des opéras, il s'en est fabriqué près de 50 000 en quatre siècles et c'est pas fini, on en aurait compté plus de 1000 depuis 1940 !

opera seria, opera buffa opéra sérieux ou opéra moins sérieux, l'opéra a commencé par le seria, même s'il y a des passages comiques chez Monteverdi dans le Couronnement, par exemple, mais les napolitains n'ont pas inventé que la glace, ils ont introduit le comique dans l'opéra au 17ème et il n'en est jamais sorti ! Le divin Amadeus nous propose un dramma_giocoso avec son Don Giovanni où figures comiques (Leporello, Mazetto) et situations comiques (quiproquo, travestissements, air du catalogue) sont mêlées à des figures tragiques et à des éléments dramatiques (très intimement mêlées, voir le dernier acte).

opérette genre décrié ou qualification méchante des opéras plus légers aimés des autres.

orchestre ensemble de musiciens dont le rôle, à l'opéra, est de jouer plus fort que les chanteurs ne chantent (et Beecham s'en vantait, le bougre !). Ils sont censément menés à la baguette par un chef qu'ils ne regardent jamais et semblent avoir certains soirs pour seul objectif de presser les tempi afin de pouvoir attraper le dernier métro pour rentrer dans leur demeure (et ainsi ne pas rater le début du film éducatif de 0h30 sur Canal).

ouverture hors d'œuvre qui n'a de rapport avec les plats principaux que depuis la fin du 18ème, disons depuis le divin Mozart ? Disons-le. Otello a fait l'économie d'une ouverture, mais reste une exception, car ça gêne les retardataires...
        D'aucuns (d'aucune, au hasard ma blonde) pensent que certains opéras pourraient s'arrêter après l'ouverture, ce qui permettrait aux musiciens de l'orchestre d'être sûrs de ne pas rater le dernier métro et aux spectateurs de ne pas se voir infliger les inepties d'un Guillaume Tell un jour où chanteurs, décorateur, metteur en scène, orchestre et chef étaient à l'unisson d'un livret où tutélaire rime avec héréditaire (hamster et gruyère auraient aussi bien convenu pour un drame helvète) et constante avec sous la tente (je passe, restons sérieux et corrects), Notons que chez Wagner dans les dernières œuvres (Parsifal au hasard) aussi il n’y a pas d’ouverture mais des préludes, ce qui ne change guère, n’est-il pas ?


poulailler appellation injuste, on entend moins caqueter à ces "places populaires en hauteur de mauvaise visibilité" que dans les loges ou au parterre...

prima donna l'héroïne, la première dame, souvent qualifiée d'assoluta, même si y a pas de quoi ou si y a des couacs...

public mal nécessaire, pas d'opéra sans public, Stendhal en disait déjà en 1830 : « Le public se compose d’un petit nombre d’amateurs et d’une immense majorité qui couvre de bravos ce que les journaux lui ont désigné comme étant beau» (Notes d’un dilettante. Ed. du Divan, Paris, 1932 p. 305). Je confirme, c’est toujours d’actualité ! Inversement une mise en scène décriée ou un chanteur critiqué (peut-être à juste titre le jour de la critique) ont peu de chances de déclencher les vivats de gens qui préféreront bouder leur plaisir que d’avoir l’air d’ignorants…
Bon, il y a aussi des publics de talent qui savent transcender les artistes et leur donner envie d'offrir leurs tripes (à la mode de Caen ou pas).


Querelle des bouffons controverse, née en 1752 après une représentation de la Serva Padrona de Pergolèse (par la troupe des Bouffons italiens) entre les tenants de l'opéra à l'italienne (Rousseau, Diderot, Grimm et le parti de la reine), musical, moins mythologique et moins pompeux, et ceux de l'opéra français traditionnel (le parti du roi)  à la Rameau, qui revendique rationalité (l'esprit de Descartes !), universalité, diversité... Aussi nommée "guerre des coins" (non, c'est pas une erreur, il y a bien un "i") la querelle permet à Rousseau de publier sa polémique "Lettre sur la musique française", où il affirme la supériorité de la mélodie sur l'harmonie, et à d'Alembert de moquer ainsi l'opéra français :"...la musique, ou plutôt les notes, y sont prodiguées pour l'ordinaire sur des paroles vides de sens, et incapables de rien inspirer à l'artiste : c'est toujours l'amour qui vole, qui règne, ou qui triomphe..." La paternité de cette querelle est parfois attribuée à Gluck (notamment sur le site de France Musiques).


rappel applaudissements après le baisser du rideau pour le faire relever afin qu'on puisse le baisser de nouveau pour avoir un rappel. Les rappels sont (loi de BL) très directement proportionnels à la notoriété de l'artiste, totalement indépendants de sa performance et inversement proportionnels aux gargouillements d'un estomac affolé à la pensée que son restaurant préféré ne servira plus à souper après 23h30 ou que les toilettes seront prises d'assaut.

récitatif ces parties déclamées d’un opéra, peu ou pas mélodique, séparant les airs, sont parfois absentes au disque : un scandale ! cela rend l’action presque incompréhensible, les récitatifs la faisant souvent mieux avancer que les airs qui expriment plus les sentiments que le déroulement de l'intrigue. Les récitatifs tendent à disparaître avec les « progrès » de l’opéra et sont de plus en plus absents dans les opéras (durchkomponiert) du 19e (siècle, pas arrondissement) jusqu'à disparaître chez Wagner, où la distinction air-récitatif devient caduque. Dans l’opérette (ou le Singspiel) les récitatifs sont parlés (dans Carmen aussi) et non chantés.

Gounod, le compositeur de Faust, a écrit dans Le Don Juan de Mozart "Ce genre de récitatif [recitativo secco] avait de grands avantages. Outre qu'il permettait de glisser rapidement sur toute la partie du dialogue qui ne comportait pas de morceau de musique, il reposait l'attention et faisait ressortir d'autant mieux la valeur des morceaux véritablement consacrés à l'exposition et au développement des scènes intéressantes. Aujourd'hui [1890], tout, dans les oeuvres lyriques, est traité avec une importance à peu près égale, d'où résulte non seulement une très longue durée de représentation, mais encore une monotonie qui devient promptement une fatigue pour l'auditeur. Le récitatif pur et simple répondait ingénieusement, par son allure vive et par une sorte de familiarité musicale, à tous ces menus détails de scène qui rentrent plus dans le domaine de la conversation que dans celui du drame." Une opinion pas absolument erronée mais quand même parfois bien prosaïque, car qui s'ennuierait en écoutant un Otello ou un Parsifal pourtant pas encombrés par les récitatifs ?
recitativo secco (ou stile recitativo, récitatif simple) le seul accompagnement musical y est le clavecin soutenu ou le violoncelle par opposition au recitativo stromentato ou accompagnato (introduit par Rovettino en 1663) qui est accompagné par une partie de l’orchestre de manière plus élaborée et qui est souvent plus "chantant" que le r. secco, comme, exemples pris au hasard dans les Noces, celui avant les airs du Comte Hai gia vinta la causa ou de Suzanne Giunse alfin il momento...

registre Partie de la tessiture d'une voix donnée. Registre aigu, médium, grave; registre de fausset, de poitrine, de tête; changer de registre, passer d'un registre à un autre. "La Reine de la Nuit (...) rôle difficile écrit dans le registre suraigu que très peu de cantatrices possèdent" (BERLIOZ, Souv. voy., 1869, p. 106). On distingue classiquement deux registres pour la voix, registre (ou voix) de poitrine = grave et registre (ou voix) de tête = aigu, parfois on parle de trois registres. Un des problèmes principaux du chant lyrique est de passer du grave à l'aigu sans cassure disgracieuse.
Pour ceux que cela intéresse, et ils ont bien raison, David Le Marrec a produit des notules aussi intéressantes qu'exhaustives sur voix et chant (et pas que...) dans son surlecutant Carnet sur Sol.

rideau n'existe que pour être enlevé, un peu comme un collant mais en beaucoup plus sexy, pour l'amateur d'opéra du moins.

rubato accélération ou diminution de la vitesse du chant. Liszt a dit : "Supposez un arbre que le vent fait ployer. Entre ses feuilles passent les rayons du soleil et la lumière tremblotante qui en résulte, c'est le rubato".


sérénade (de l’italien seranata, sera = soir, chant du soir) chanson dédiée par le soupirant à sa dulcinée et chantée sous sa fenêtre ou mieux sous son balcon, accompagnée à la guitare (ou plus si affinités ou non accompagnée), chantée par le susdit soupirant (Don Giovanni et son Deh vieni) ou par une troupe de musiciens affidée (Almaviva du Barbier et son « Ecco ridente »).

Singspiel (allemand chant pièce) opéra populaire en allemand avec dialogues parlés (comme dans l’opérette) apparu à la fin du 17ème, on peut y assimiler les œuvres en deutsch du divin Mozart comme Bastien et Bastienne, et si c’est du type Enlèvement au Sérail ou Flûte enchantée, on en redemande, non ?

Sitzprobe première répétition (probe) théoriquement assise (sitz) d’un opéra.

soprano (de l'italien sopra au dessus) la voix féminine la plus aiguë, un ténor sans... sans moustache, quoi ! La favorite de beaucoup, de la plupart des opéraphiles. Moi je préfère les ténors, et même les Heldentenor, surtout s'ils sont canadiens et nés en 1926.

Sprechgesang (de l’allemand sprech parle et gesang chant) terme utilisé par Schoenberg pour une manière de chanter / psalmodier intermédiaire entre récitatif et chant. Les notes y sont indiquées pour la montée ou la descente de la voix parlée. Le recitativo accompagnato (cf. supra)  serait l'ancêtre du Sprechgesang de Wagner, idée rejetée par Adorno.

Stabreim (du germanique Stab, bâton et Reim = vers, rime, pied) usage de l'allitération, de l'assonance, de l'homophonie dans les vers wagnériens, le Stabreim, imitation richardienne de la poétique allemande du Moyen-Âge. « Les plus grands chefs wagnériens m’ont appris que rendre justice à Wagner oblige à partir des jeux d’assonance et d’allitération de son texte » réponse en forme de niet de Vickers à Solti qui venait de proférer un iconoclaste « on s’en fout des mots ». (interview de Vickers à Éric Dahan, Libé du 1er mars 2001).

staccato le contraire du legato (exemple l'air Prega per noi de Desdemona dans Otello)


ténor : la plus belle voix d'opéra. C'est la voix de Vickers Vivi , oui, oui, de Melchior et d'autres beaux bébés comme Luciano (de son vivant), Placido, José, etc. C'est la voix naturelle d'homme la plus aiguë, le pendant de la soprano avec qui il forme le couple d'amoureux type de l'opéra du 19ème (et moins souvent du 18ème, ou alors dans les opéras en allemand de Mozart Ferrando, Belmonte). C'est peut-être parce qu'il y crie fort et qu'il est souvent malheureux en amour, voire cocu, que l'on dit con comme un ténor ? Orfeo dans Monteverdi et chez son prédécesseur Peri (Euridice) est un ténor mais laisse sa place comme héros dans l'opéra italien au castrat (ou à la contralto parfois !) avant de retrouver le rôle prééminent (non, non, Luciano, j't'assure, j'ai pas écrit proéminent ) qui doit être le sien.

1. Voix d'homme la plus aiguë. Du reste, la voix du débutant [Curioni] est fort belle: c'est un ténor de poitrine; c'est-à-dire de l'espèce la plus rare (STENDHAL, Notes dilett., 1823, p. 312). C'est alors que s'élève du groupe des paysans (...) une de ces belles voix de chanteur flamenco, qui peuvent aller à l'aigu du ténor et revenir dans le médium du baryton (T'SERSTEVENS, Itinér. esp., 1933, p. 168).
[La voix est classée suivant l'usage qui en est fait dans le répertoire lyrique] Ténor dramatique, lyrique; ténor noble; premier, deuxième ténor.
Ténor léger. Ténor de tessiture aiguë ou suraiguë, présentant une voix mince et claire. Vraisemblablement l'« altus » était chanté par des ténors légers dans leur aigu, et non par des contralti véritables (POTIRON, Mus. église, 1945, p. 43).
Fort ténor. Ténor à la voix large et puissante, alliée à une tessiture aiguë. Les forts ténors s'en servent quelquefois [de la voix de poitrine], s'en sont surtout servi jadis (MELCHISSÉDEC, Pour chanter, 1913, p. 50).

Je ne saurais trop recommander de lire l'article  tenorissimo de Catherine Scholler (et j'ai du mérite, y a pas Jon Vickers, mon Vivi, mais comme c'est, nonobstant cet oubli un excellent texte...) et les autres articles savants sur le sujet de Forum_Opéra.

tenuto indication de tenue d’une note à toute sa valeur réelle ou un chouia au delà, mais sans exagération (euh, en principe…).

tessiture pour une fois, je me permettrai de ne pas opiner (joli mot) totalement avec le TLF, car la tessiture, pour ce que j'en ai compris, désignerait plutôt l'étendue totale des notes comprises dans un morceau de musique, air ou autre, et pas l'étendue moyenne des notes. La tessiture, par la hauteur des notes demandées, impose le type de voix par lequel l'air est chanté, ténor-soprano ou baryton-mezzo ou basse-contralto, encore que certains airs puissent être transposés, par exemple de basse à baryton.
TESSITURE, subst. fém.
A. Partie du registre d'une voix qui est couverte avec un maximum d'aisance. Tessiture aiguë, grave, moyenne. Les conditions d'équilibre sont particulièrement difficiles à réaliser lorsqu'on écrit pour voix dites «égales», soit par exemple deux ténors et deux basses: le premier ténor ne doit pas être d'une tessiture trop tendue, et la seconde basse doit rester dans un registre chantant, ce qui restreint singulièrement l'espace disponible (POTIRON, Mus. église, 1945, p. 44). P. méton.

Étendue moyenne des notes d'une composition, d'un genre musical(e). Cette mélopée émouvante, qui ressemble à un chant arabe, mais avec beaucoup plus de variété dans le mouvement et d'étendue dans la tessiture, c'est le chant flamenco (T'SERSTEVENS, Itinér. esp., 1933, p. 123).

Tétralogie le Ring (de Wagner et) der Nibelungen (réunis), anneau qui comme les mousquetaires est quatre en trois (Walkyrie, Siegfried, Crépuscule) avec l’Or du Rhin en d’Artagnan, toujours présent…

timbre caractéristique de la voix d'un(e) chanteur(se) en dehors de sa tessiture, de sa force ; le timbre de Vickers Vivi est très particulier, si l'on est méchant, injuste et de mauvais goût, on dira nasillard...

ACOUST. Qualité spécifique d'un son, indépendante de la hauteur, de la durée et de l'intensité, résultant essentiellement du concours des harmoniques qui accompagnent la note fondamentale jouée.

tonadilla (diminutif de tonada, chant en espagnol) opéra-comique espagnol, court et à effectif réduit. Au départ intermède chanté entre les actes d'une pièce, devenu autonome et populaire entre 1750-1820, la tonadilla, plus légère et fantaisiste, pourrait être considérée comme précurseur de la zarzuela si celle-ci ne l'avait précédée d'un ou deux siècles......

tuba wagnérien tuba inventé par Wagner et utilisé dans ses opéras (en accompagnement de Hunding dans la Walkyrie), car il n’était satisfait pour certains effets ni du son du trombone (héroïque, solennel, pompeux) ni de celui des cors (lyrique, romantique), d’où cet instrument produisant un son hybride, plus rêche.

.


ut surtout célèbre à l'opéra sous forme de contre-ut, un ténor sachant ténorer doit savoir contruter sans canard

v ... euh, je vois pas, c'est pas facile comme initiale, c'est pas évivident de trouver, bon, voyons voir :

vérisme genre d'opéra apparu à la fin du 19ème siècle d'abord en Italie et qui s'attache à des personnages du peuple et aux événements sentimentaux et/ou sociaux de leur vie et non à la vie des grands et à leurs aventures ou à la mythologie. C'est Détective et non Images du Monde. La Bohème, Paillasse, Cavalleria rusticana, en France Louise (peut-être Carmen) en sont des exemples parmi les plus connus.
A. 1. HIST. DE LA LITT. Mouvement dérivé du naturalisme français, qui s'est développé en Italie vers la fin du XIXe s., caractérisé par le refus des conventions, de l'idéalisme et par la volonté de décrire la réalité concrète, notamment celle de l'existence provinciale et villageoise et dont les représentants les plus célèbres sont les romanciers G. Verga et L. Campuana. Si le recours au régionalisme a donné évidemment au vérisme italien ses chefs-d'œuvre, il a aussi provoqué une floraison d'œuvres secondaires qui furent nuisibles au mouvement lui-même par leur faiblesse ou par leurs excès (P. ARRIGHI, Le Vérisme dans la prose narrative ital., 1937, p. 408).
2. MUS., ART LYRIQUE. [En Italie] Refus de l'académisme et volonté de décrire et d'exprimer la seule vérité. Le vérisme a flatté les instincts et les goûts les moins nobles et c'est sa tare. (...) cette musique superficielle et lâchée ne s'adresse point à l'âme et se contente de parler aux sens (DUMESNIL, L'Opéra et l'Opéra-comique aux XIXe et XXe s., 1971, p. 111).

vibrato (du latin vibrare) MUS. Technique d'interprétation destinée à rendre un son plus expressif en faisant varier très légèrement et très rapidement sa hauteur.
[Dans le chant, par une légère oscillation de la voix] "L'école allemande préconise parfois l'absence de vibrato dans l'aigu, pour les cantatrices; inversement, c'est, par exemple, un vibrato large et lent dans l'aigu qui fut une des particularités de la voix de Maria Callas à certaines époques" (R. MANCINI, L'Art du chant, 1969, p. 20).

         Cette "fluctuation de l’intensité et du registre de la voix, [est] soit souhaitable si elle permet de faire vivre la note, soit disgracieuse quand elle reflète l’incapacité d’une voix fatiguée et ou vieillissante à tenir une note ferme" (Dictionnaire de l'Opéra). Il n'y a pas loin du vibrato au trémolo (vibrato trop rapide) ou du vibrato au chevrotement (ou wobble, vibrato trop lent) !
       Le vibrato est parfois expressément demandé par la partition, ainsi par Meyerbeer pour l Crociatto in Egitto et par Wagner dans son Liebesverbot. Le vibrato est le plus souvent rapide (7 vibrations par seconde) pour un ténor verdien et plus lent pour un Heldentenor (6, ou moins, vibrations par seconde).
       L'absence de vibrato, aussi appelée son droit ou moins emphatiquement son plat, voce bianca (voix blanche, celle des enfants avant la mue) est parfois considérée comme souhaitable, notamment pour le baroque. Elle est controversée.

vocalises espèce de you you d'opéra, spécialité de Natalie-sans-H Dessay qui fait pâmer les messieurs et jalouser les dames qui pensent pouvoir faire aussi bien, si ce n'est mieux, (pour les faire pâmer) mais dans la plus stricte intimité.

voce sotto, mezza, etc. indications de la partition sur le type de chant à émettre. sotto voce (sous la voix) chant à part ou tout bas mezza voce (mi-voix) chant en sourdine

voix celles que l'on aime nous laissent sans…voix de poitrine (voce di petto), voix de tête (voce di testo) = techniques d'émission du son, la voix de tête pour les aigus, celle de poitrine pour les graves, avec le problème de la transition entre les deux (cf.supra registre). Notons que ces appellations ne sont qu'arbitraires, car dans les deux cas, c'est le larynx qui est en jeu, pas la poitrine plus que la tête ou l'inverse).
         Une voix de chanteur est caractérisée par sa tessiture (par son étendue), son timbre (affaire de résonance) sa diction et son phrasé, son accent.


wagnérien comme janacekien, sauf que pas inventé pour la circonstance
xacara (ibère) air de danse ou de ballade espagnols anciens à l'origine de la tonadilla (cf. supra). L'autre orthographe jacara m'intéresse moins, va savoir pourquoi.

Xerxes  opéra de Haendel intéressant car commençant par un X, mais qui mérite d'avoir été assez récemment redécouvert. En fait j’ai triché un chouïa, car l’original se nomme Serse… Et oui, l'X est plus rare à l'opéra qu’au bal (à Gif-sur-Yvette) mais pas totalement absent, de la Nuit de Walpurgis à la Danse de Salomé, il est possible selon les fantasmes du metteur en scène d'apercevoir un morceau, ou plus, de poitrine (et même de vérifier que Karita Mattila est une vraie blonde dans le Salome de 2003 à Bastille)...


yodel air tyrolien (ou CHuisse, voir la tyrolienne dans Guillaume Tell de Rossini) qui imiterait le cor des Alpes, ce qui est ébarnouflant pour un chant également pratiqué par certaines tribus Pygmées, n'est-il pas ?

Yolanta opéra de Tchaïkovski qui présente à mes yeux comme principal intérêt de me donner la lettre Y, surtout si on l'écrit pas Iolanta, mais je suis pas fan de l'oeuvre opératesque du Piotr, même si Jon s'est illustré dans La Dame de Pique...


zarzuela opérette espagnole dont on ne vantera jamais assez les mérites zévidents, puisque chantée par Domingo, Caballé, Carreras et autres... A pris le nom du palais de Zarzuela près de Madrid ou Charles Quint et ses fistons donnaient les Fiestas de Zarzuela. La zarzuela a connu une éclipse dans les cœurs hispaniques pendant le règne de la tonadilla avant de prendre tout son essor avec les œuvres des Barbieri (1823-1894), Bretón (1850-1923), Vives (1871-1932).

Autres adresses de glossaire opéra sur le houaibe :

Chant choral en Belgique francophone - Glossaire des termes ...
Petit dictionnaire des termes musicaux.
Glossaire de l'Atelier du Chanteur

Glossaire de l'IRCAM "La voix et l'ordinateur"

Glossaire musical  de Jean-Paul Kerloch

Glossaire du site des basses  glossaire succinct mais pas inintéressant

Desproges et TLF font bon ménage

sommaire  haut de page   protestations et récriminations (ou autres) merci de m'écrire