DIDO AND AENEAS

(1689)

COMPOSITEUR

Henry PURCELL
LIBRETTISTE

Nahum Tate

ENREGISTREMENT
EDITION
DIRECTION
EDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DETAILLEE
1945
1999
Constant Lambert
Opera d'Oro
1
anglais
1951
1989
Geraint Jones
EMI Music
1
anglais
1955
2000
Hans Schmidt-Isserstedt
Ura Cant
1

1959
1995
Alfred Deller
Arcade Music
1
anglais
1959
1999
Benjamin Britten
BBC Legends
1
anglais
1961
2000
Anthony Lewis
Decca Legends
1
anglais
1965
2000
John Barbirolli
EMI
1
anglais
1967
1990
Charles Mackerras
Archiv
1
anglais

1970
1971
Colin Davis
Philips
1
anglais
1971
1996
Raymond Leppard
Arkadia
1
anglais
1971
2001
Raymond Leppard
Opera d'Oro
2
anglais
1978
1991
Raymond Leppard
Erato
1
anglais
1981
1991
Andrew Parrott
Chandos
1
anglais
1983
1994
Nikolaus Harnoncourt
Teldec
1
anglais
1983
1996
Nikolaus Harnoncourt
Teldec
1
anglais
1985
1986
Raymond Leppard
Philips
1
anglais
1985
1999
Michel Corboz
M 10
1
anglais
1986
1999
William Christie
Harmonia Mundi
1
anglais
1988
1989
Trevor Pinnock
Archiv
1
anglais

1989
Roderick Shaw
Globe
1
anglais
1989
1993
Ivor Bolton
WEA
1
anglais
1990
1990
John Eliot Gardiner
Philips
1
anglais
1992
1994
Christopher Hogwood
Decca
1
anglais
1993
1994
Nicholas McGegan
Harmonia Mundi
1
anglais
1994
1999
Andrew Parrott
Sony
1
anglais
1994
1995
William Christie
Erato
1
anglais

1996
1996
Neville Marriner
Philips
1
anglais
1994
1996
Jeanne Lamon
CBC Records
1
anglais
1994
1997
Scholars Baroque
Naxos
1
anglais

1995
Richard Hickox
Chandos
1
anglais
1995
1998
Bradley Brookshire
Vox Classics
1
anglais
1996
1996
Martin Pearlman
Telarc
1
anglais
1998
2000
René Jacobs
Harmonia Mundi
1
anglais
2001
2001
Hervé Niquet
Glossa
1
anglais

Maarten Michielson
Wijnand Van Hooff
1
anglais

Opéra en un prologue et 3 actes, sur un livret inspiré du Livre IV de l'Enéide de Virgile, écrit par Nahum Tate, dramaturge et poète irlandais, né en 1652 à Dublin. Composé, selon les uns pour Josas Priest, maître à danser d'une école de jeunes filles de Chelsea, la Boarding School for Girls, pour d'autres pour la cour de Charles II ou de Jacques II, il fut représenté dans cette école en 1689, mais pourrait avoir été représenté dès 1684.

Il fut repris, avec des aménagements, par Charles Gildon, en 1695, au Lincoln's Inn de Londres, pour accompagner son adaptation d'une comédie de Shakespeare, puis deux fois en 1704, chaque fois en accompagnement d'une pièce de théâtre. 

Le principal manuscrit est celui de la bibliothèque de St Michael's College, à Tenbury, et date au moins de 1741. Il ne comporte pas la partition du Prologue mythologique qui est inclus dans le livret.

 

"Les plus récentes recherches nusicologiques que mentionne le texte de présentation de l'enregistrement d'Ivor Bolton replacent Didon et Enée dans une toute autre perspective. Cet ouvrage aurait été composé en 1683-1684, dans l'ombre du Venus and Adonis de John Blow ; les représentations de 1689 n'auraient donc été qu'une reprise, avec les aménagements musico-dramatiques que cela suppose. Didon et Enée ne serait pas exempt de connotations politiques à l'égard de Charles II et des intentions royales quant aux institutions musicales anglaises ; finies donc les prétendues références allégoriques aux souverains de 1689, donc entre Didon et la reine Mary, et entre Enée et Guillaume III. La partition parvenue jusqu'à nous serait tronquée, expliquant ainsi l'incroyable fossé séparant Didon et Enée et les autres oeuvres lyriques de Purcell, composées dans les années 1690. Manqueraient un prologue chanté et la fin de l'acte Il, sans compter sept nouvelles danses et l'attribution à une voix masculine de la Magicienne et du Marin. En attendant le fruit de nouvelles recherches, ainsi nous apparaît Didon et Enée : une oeuvre incomplète et remaniée, sans que quiconque puisse préciser si la reprise de 1689 l'a ou non bonifiée. Mais quoiqu'il en soit, de tels travaux contribuent à déchirer le voile de respect enserrant cet intrigant ouvrage et force les interprètes à interroger le seul texte musical." (Opéra International - septembre 1993)

  

La reine de Carthage, Didon, hésite à déclarer sa flamme au prince troyen Enée que le destin a envoyé sur les rivages de Carthage. Encouragé par sa cour et sa suivante Belinda à avouer son amour, Didon cède. Pendant ce temps, des sorcières complotent dans une caverne et se réjouissent de la ruine de Didon et de Carthage, et se préparent à faire lever une tempête : au cours de celle-ci, Enée est trompé par un mauvais esprit qui lui prédit la nécessité de retourner en Italie. Enée s'apprête donc à partir, laissant Didon à proie à la douleur. La reine de Carthage dit adieu au monde, blessée à mort de cet abandon. (Classica - Guide de l'opéra - novembre 2000).

 

Synopsis détaillé

Acte I

Didon (soprano) apparaît entourée de sa cour, sa dame d'honneur Belinda (soprano) à ses côtés. Exhortation de Belinda, Shake the cloud off your brow, reprise par le choeur. Douloureux aria de Didon Ah, Belinda, I am prest with torment. C'est une magnifique expression du tourment, digne et retenue, comme il sied à la reine de Carthage et parfaitement en accord avec la tragédie qu'elle annonce et avec le conflit suggéré par les derniers mots : Peace and I are strangers grown. Belinda a compris que "l'hôte troyen" est à l'origine du malheur de la reine ; elle suggère, à mots couverts, qu'un mariage entre Didon et l'étranger résoudrait les maux de Carthage et le choeur soutient ses propos. Chaconne, introduite par le duo que chantent Belinda et une suivante. La cour tente à nouveau d'encourager la reine The hero loves as well as you. Entrée d'Enée (ténor ou baryton), le choeur, puis Belinda, puis le choeur à nouveau, soutiennent la requête du héros. Danse triomphante, toute la cour chante gaiement et simplement sa joie de voir Didon accepter la requête d'Enée.

Changement de décor : la grotte où vit la Magicienne (mezzo-soprano). Elle enjoint à ses compagnes de s'unir à elle pour préparer la destruction de Didon et de Carthage. Toute la scène, avec ses choeurs ricanants, les cordes renvoyant aux cors de la chasse qui se poursuit au lointain, l'écho répercutant le choeur et la danse (des harmonies distinctes opposent la phrase à l'écho), illustre la beauté insidieuse qui peut marquer le cours du mal aussi sûrement que celui du bien.

Acte II

Un bosquet. Didon et Enée, suivis par Belinda et leur suite. Belinda et le choeur, puis la Seconde Dame (soprano), chantent l'attrait particulier de ce lieu,qui a su charmer la déesse Diane, et qui fut le théâtre de la mort d'Actéon, mis en pièces par ses propres chiens. Scène idyllique interrompue par un coup de tonnerre au lointain. Belinda presse l'assemblée de chercher un abri ; air rapide et chargé d'ornements Haste, haste to town, qui révèle toute insuffisance technique chez le titulaire du rôle. Tous quittent la scène, sauf Enée, à qui apparaît Mercure (soprano ou ténor) - en réalité "l'elfe fidèle"de la Magicienne sous un déguisement. Il est porteur des ordres de Jupiter : le héros ne doit plus tarder à accomplir la tâche qui lui a été impartie, fonder la nouvelle Troie sur le sol latin. Réplique d'Enée, magnifique récitatif - l'un des hauts moments de la partition. La décision est aisée à prendre : il s'agit d'un ordre du dieu. Et pourtant, il préférerait mourir que de se résoudre à abandonner Didon.

Acte III

Le port de Carthage. On prépare le départ de la flotte troyenne, l'orchestre introduit le chant du Marin (soprano ou ténor) : Come away, fellow sailors. Ton alerte et engageant, paroles cyniques. Le Marin presse ses compagnons de boire et d'abréger leurs adieux aux jeunes nymphes qui les attendent à terre. Reprise de l'air par le choeur, puis danse joyeuse. Apparition de la Magicienne entourée de ses créatures surnaturelles. Duo endiablé des sorcières, reposant sur Our plot has took, the Queen's forsook, qui se termine par des éclats de rire démoniaques. Bref solo de la Magiçienae révélant son intention de perdre également Enée, le choeur souligne ces dispositions. Une danse en trois parties réunit les sorcières et les marins. Apparaissent Didon et Belinda venues chercher Enée.

Didon est pleine d'appréhension, et les premières paroles qu'il prononce confirment ses craintes. Elle le repousse quand il tente de s'expliquer : Thus on the fatal banks of Nile ; lorsqu'il lui annonce qu'il bravera la colère des dieux pour rester auprès d'elle, elle le rejette : Away, away. Après son départ, elle admet que la mort doit venir maintenant qu'il n'est plus là.

Le choeur résume la gravité de la situation et prépare le moment où Didon dira adieu à la vie. Récitatif d'une simplicité émouvante, et aria When I am laid in earth, un des grands moments de l'opéra. La reine chante Remember me, remember me, but ah! forget my fate ; et le sens tragique profond est renforcé, plutôt qu'atténué, par le choeur suivant With drooping wings ye Cupids come, to scatter roses on her tomb.

(Tout l'opéra - Kobbé - Robert Laffont)

 

 Pour en savoir plus :

 

 

 

 

 

"Deux Didon. La première dans son cadre d'origine présumé, un collège de jeunes filles ; la seconde lue à la lumière de ses origines africaines. Hervé Niquet a conçu pour la première un accompagnement orchestral réduit à quelques solistes, pour la seconde un grand orchestre lulliste à la française."

 

http://www.altamusica.com/concerts/document.php?DocRef=878&DossierRef=677

http://www.concertonet.com/exec/review.asp?IndexReview=988

Dido and Aeneas à Versailles 

"Disposé dans la fosse, le choeur du Concert Spirituel s'est honorablement acquitté de sa tâche, en dépit d'une prononciation anglaise pâteuse. Sous la dynamique férule de son directeur musical, l'orchestre Les Musiciens du Louvre a excellemment bien maîtrisé la difficile acoustique de la salle, avec des tempi fort cohérents et de judicieuses couleurs de continuo. Plutôt homogène, la distribution vocale laisse perplexe : non qu'elle soit médiocre, mais elle demanderait à être entendue dans une production qui n'en estompe pas les mérites vocaux. Le travail de l'Opéra Atelier de Toronto, co-dirigé par le metteur en scène Marshall Pynkoski et la chorégraphe Jeannette Zingg, s'appuie sur d'authentiques documents iconographiques et oratoires de Purcell l'époque baroque, et tente de donner vie à une expression physique (gestuelle et dansée) des chanteurs et danseurs...Visuellement, ce traitement physique rapetisse et anonymise les silhouettes des "acteurs" scéniques. Ainsi s'étale - ou plutôt sombre - sous nos yeux, un art ennuyeux à force d'académisme et exclusivement soucieux de superficialité décorative, plutôt que d'exprimer les tragiques débats humains. La seule scène où ce travail soulève quelque intérêt, est celle de la Magicienne en son antre. Maigre consolation, au regard du dommage causé à une équipe musicale qui n'en méritait pas tant." (Opéra International - novembre 1995)

  "On retrouve le problème de l'envahissement dans le travail scénique sur Didon : un fourmillement d'idées, mais où la multiplication des signes dramaturgiques, plus ou moins symboliques, finit par lasser et empêche une écoute attentive. Si les scènes des Sorcières sont très réussies, les passages émouvants, et le rôle de Didon, sont traités dans un style mélodramatique, kitsch et un peu hollywoodien. La Didon d'Efrat Ben Nun, Cléopâtre à la Mankiewicz, insupporte par un jeu outré qui vient souligner un chant souvent emphatiquement pathétique, une voix ingrate quoique prenante, et des aigus tendus. Richard Stilwell (Enée) parvient en revanche, malgré un timbre gris et usé, à imposer la sobriété et les belles nuances de son chant. En Enchanteresse, Kathryn Harries s'impose plus scéniquement que vocalement, et l'idée de faire chanter les deux sorcières par des contreténors se révèle, sur le théâtre aussi, excellente, Dominique Visse volant la vedette à tout le plateau en composant, avec une diction claire qu'ignore le reste de la distribution, une Première Sorcière extraordinaire. Le Collegium Vocale de Gand est valeureux, quoique parfois imprécis mais, surtout, la direction de René Jacobs déçoit un peu dans une Didon privée de souffle..." (Opéra International - octobre 1995)

 Dido and Aeneas

"Sous la férule de Christophe Coin, le choeur (malgré une prononciation anglaise déficiente) et l'orchestre (malgré un continuo peu moteur et des basses un peu timides, quoique pourvues de contrebasses) ont fort honorablement tenu leur rang. Si tous les solistes avaient l'envergure vocale de leurs rôles, aucun - en bien comme en mal - n'a fortement retenu l'attention. En dépit d'origines nationales - donc musicales - dissemblables, ils sont parvenus à ce minimum de cohérence stylistique qui, après ce premier baptême public, leur permettra de trouver leurs marques au cours de la longue tournée qui les attend.

Mais tous durent subir un apprentissage qu'il aurait mieux valu différer : affronter une production prétentieuse et insécurisante à force de chausse-trappes...Cette pro-duction est constellée de lieux communs (la caverne de la sorcière se passe dans un asile de fous) ou de gestes téléphonés (à la f in, Didon enfile la veste qu'Enée avait abandonnée là au moment de son congédiement). Enfin, ajoutons une direction d'acteurs tantôt convenue - pour les solistes -, tantôt relâchée - la gestique des choeurs." (opéra International - novembre 1995)

  "En seconde partie, avec Didon et Enée, l'orchestre est bien meilleur : la concision, l'incroyable densité dramatique, le pathétique sombre et dense du chef-d'oeuvre de Purcell, conviennent mieux à Jacobs, et sa direction parvient à donner à l'opéra une unité de ton et une grandiose intensité tragique. Della Jones notamment, malgré un médium affaibli, est stupéfiante d'autorité et de présence en Magicienne, réellement terrifiante lorsqu'elle utilise son registre de poitrine, la diction magnifiquement travaillée, dans un rôle dont elle parvient à faire le véritable pendant maléfique de Didon. L'idée de faire chanter les deux sorcières par deux contre-ténors est en outre une réelle trouvaille : l'effet d'étrangeté est saisissant. Quant à Lynne Dawson, à la justesse enfin presque parfaite, elle est une Didon touchante." (Opéra International - mai 1995)

 

"Tout se passe dans la chambre de la Reine, dame de l'aristocratie anglaise, qui revit chez elle l'une des plus belles légendes du monde gréco-romain...La Cour se livre à un ballet, adoptant parfois des poses ridicules, et le sentiment déborde avec une emphase mal retenue...Superbement habillée par Ettora d'Ettore, Lucia Valentini-Terrani a été une Didon d'un pathétisme déchirant." (Opéra International - juin 1989)

"Dominant l'ensemble, Marie Atger campe une superbe Didon, intense et hiératique...c'est la même héroïque nobllesse qui caractérise Marc Vento dans le rôle bref mais symbolique d'Enée. Autour du cocuple légendaire vont s'affronter les forces de l'Amour, représentées par Belinda sous les attributs de Cupidon, et celles maléfiques, de la magicienne et de ses sorcières...C'est là un Didon et Enée d'esprit authentiquement baroque, échevelé, fantasque, et chargé d'allégories." (Opéra International - mai 1998)

Jesssye Norman à Paris 

"Dès que le rideau se lève...on ne voit qu'elle, on n'entend qu'elle...Sa voix n'est plus que le cheminement des passions à travers les phrasés les plus admirables, avec une bouleversante intensité d'émotion. Près d'elle tout pâlit. Pas Christine Barbaux toutefois, Beelinda sensible, au timbre lumineux, à la technique exceptionnelle.

"C'est avant tout Jill Feldman que l'on remarque, merveilleuse Belinda, face au svelte Enée de Philippe Cantor. Le choix d'un haute contre pour l'Enchanteresse n'est pas évident, même si Dominique Visse fait preuve, dans ce rôle très court, de son habituel brio. Guillemette Laurens, en Didon, elle aussi en constants progrès, malgré certaines raideurs"..."William Christie les dirige avec affection"..."La mise en scène de Pierre Barrat est un prodige d'intelligence"..."Rythmé par le bruit de la mer, le désespoir de Didon a rarement atteint une telle intensité tragique".

 

 Janet Baker à Aix

 

 

 Teresa Berganza à Aix

 

 

 

 

 

 

 

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http://www2.ac-nice.fr/second/discip/cdi/purcelcor.htm

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