Gurnemanz, vieux chevalier blanchi sous le harnois, accueille
Kundry, femme errante et mystérieuse qui est allé au
loin faire d’ésotériques courses : elle ramène
d’Orient un énième remède destiné
à soulager les souffrances insoulageables du roi Amfortas.
Toutes ses tentatives précédentes ont échoué,
mais appliquant à plein le précepte shaddok, elle ne
cesse d’en remettre une couche. Gurnemanz tance 2 chevaliers
qui par inadvertance pensent que Kundry danse un ballet rance. Ce qu’on peut en dire
Parsifal et les sexes = misogynie, quand tu nous tiens.
Parsifal et le sexe = peur de la femme, quand tu nous tiens, désir
de l’homme quand tu nous apeures ! Parsifal ou bien le Farci Pal ?.ça se discute, peut-être, mais je pense pas. Certes, on ne peut pas en faire une pièce sans aucune femme comme Billy Budd (où le désir de Billy pour le Captain s’exprime explicitement, jusqu’à bander une ultime fois pour lui au bout d’une cravate de chanvre), mais c’est tout juste. Dans Parsifal s’exprime une certaine présence féminine, mais quelle présence ! Des poupées sans âme, de belles plantes au sens littéral, juste bonnes à la jouissance et à la perdition des hommes, une mère morte castratrice, la maman à Parsifal, et une foldingue traîtresse narcolepse sacrilège immortelle (sauf à la fin de sa vie) qui est plus un archétype (l’immortelle chieuse tantôt angélique tantôt démone) qu’une typesse ! Non, en fait c’est pire, dans Parsifal, la femme n’est pas niée dans son utilité, cas de Billy Budd (à quoi servirait une femme sur un bateau si ce n’est à provoquer des bagarres, alors qu’on peut très bien dans la Royale comme dans la Royal Navy, se débrouiller entre marins, surtout si l’on dispose d’un beau Baby comme Billy). Elle y est décrite soit comme une maudite pour l'Éternité à cause d'un péché inexpiable, Kundry, soit comme des créatures du Diable (ou d'un magicien pervers) à la cervelle de fleurs ou de légume, les Filles-Fleurs, tout juste bonnes à séduire les mâles par leurs jeux érotiques et/ou bêtas... Les hommes (les chevaliers du Graal, leur roi, Parsifal) y sont tous bons. Et Klingsor, le méchant ? ben, c’est plus vraiment un homme, il en a perdu les attributs. Et les chevaliers passés au service du mal, de Klingsor ? Mais, c’est que les hommes sont bons, à condition d’avoir quelque chose entre les jambes et de pas s’en être servi avec une créature du démon, une qu’a qu’un trou entre les jambes ! Les hommes sont bons, quoi qu’ils fassent dans leurs dortoirs-chambrées de Chevalier du Graal, du moins tant qu’ils n’ont pas connu une femme (y a pas le choix, c’est Kundry, la seule femme de l’histoire, ou alors un ersatz, une fille-fleur, le genre poupée gonflable et gonflante avec à peine un peu plus de conversation que la fleur -de pavé ?- dont elle est tirée), une seule femme, Kundry et quelle femme ! Quand elle bichonne pas les Chevaliers et surtout leur roi, elle leur flanque la chtouille ou les fait déserter. Ah, toutes des putes sauf ma mère à moi, Parsifolle, oh oui, d’ailleurs ma mère est morte et je l’ai oubliée, préférant courir après les Chevaliers (si, si, j’invente rien). Kundry est pas seulement une pute, c’est une folle et perfide, sacrilège, elle a ri des malheurs du Sauveur avec un grand R (comme Ritter). Ces hommes vivent ensemble et célèbrent un mystérieux rituel qui leur apporte joie, nourriture et santé, sauf un que ça fait drôlement souffrir d’avoir ça à se coltiner, alors Amfortas (c’est lui)il laisse mourir son papa (Titurel) qui, sans ça, était parti pour lui pomper l’air ad vitam aeternam ! Tout ça parce que comme un Nietzsche moyen il a chopé une MST qu’à côté la syphilis et le SIDA, c’est de la gnognotte. Et qui lui a collé ça ? une femme, bien sur, la femme de l’histoire, Kundry ! Et c’est quoi qu’il a, le roitounet, une blessure au flanc qui saigne périodiquement, p’tain, les symboles chez Richard, sont pas durs à déchiffrer ! J’y comprends rien ? C’est bien plus profond que ça ? Possible, certain même, mais n’oublions pas avec Valéry (Paul du cimetière marin, pas le chanteur) que seul le superficiel est important.
Parsifal, ce qu’il a commencé par transpercer
au premier acte, c’est pas une oie blanche, non, mais un beau
cygne, tiens au fait, c’est le même gros canard qui servira
aux transports de son fils, Lohengrin, qui le pénètre
en veux-tu en voilà avant que l’on se rende compte que
ce gros emplumé n’est rien de moins qu’un jeune
beau garçon… Lohengrin, qui se fait tirer par un cygne,
ne consommera pas son mariage (ach ! les femmes sont décidément
zu curieuses), d’ailleurs les seules unions de héros
consommées chez Wagner sont incestueuses, le frère
avec la sœur (Siegmund/Sieglinde) ou le neveu avec la tante
(Siegfried/Brunhilde) et encore, ce malheureux Tristan baisera même
pas sa Tata Isolde (encore que son petit-fils, Wieland Wagner pense
le contraire) ! Et qui c’est-y qui va le sauver, notre Tatasse ? un homme, Parsifal, un homme vrai de vrai, avec des couilles mais qui n’a jamais connu la femme, qui l’a repoussée même, et qui va lui coller un de ces coups de lance qu’après ça sera lui qui sera le chef à la place d’un Amfortas déchu et content qui va le servir avec dévotion, c’est certain… C’est pas comme le méchant qui est un incapable (Klingsor) envieux qui sait même pas donner un coup de lance efficace ce qui ne vous étonnera pas puisqu’il a sacrifié ses bijoux de famille afin d’être sûr de ne pas céder à la tentation du vagin (berk !). Il est tellement nul qu’il est obligé de faire appel aux services de ses filles fleurs qu’ont pas grand chose dans le caillou ou à ceux de cette folle de Kundry qui pense qu’à dormir quand elle trahit pas les chevaliers. C’est dire jusqu’où il est tombé dans l’abjection, obligé qu’il est de créer des créatures femelles et de les côtoyer (reberk).
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Und la kolossal Philosophie dans alles ça ? Bon, très
bien, mais quel intérêt ?
Ça veut pas dire que ça m’embêterait pas
que Parsifal soit joué comme la Veuve joyeuse (autre chef-d’œuvre
pourtant), caricaturez pas mes idées (quoi, quoi, pas besoin,
elles sont déjà assez caricaturales telles que ? qui
c’est qu’a dit ça, qu’il se dénonce
!), non je veux dire que le fait qu’un chef, au hasard Boulez
(ou dans un autre genre Karajan) laisse tomber le côté
mystico-mystique-regardez-moi-comme-je-sauve-bien-le-monde ne m’empêche
pas d’aimer (Boulez) ou de moins aimer (Karajan) et que l’attachement
à traduire la solennité du sacré drame dans la
musique (Kna, Levine, Krauss) n’est pour rien dans le fait que
l’interprétation puisse me laisser indifférent
(Levine) ou m’enthousiasmer (Kna, Kna, Kna, Krauss). Mes partis
pris ne tiennent pas à la lecture philosophique ou religieuse
de l’œuvre, puisque je n’adhère ni à
sa philosophie ou à sa religiosité mais aux beautés
formelles indicibles (j’essaierai pourtant) et si j’ose
dire inouïes (c’est possible, ça, pour de la musique
de pas l’ouïr ? ah, oui, oui, oui ! inouïr et mourir
de plaisir !) que de grands chefs et de grands interprètes
ont su y déployer. Richard,
l’homme qu’on aimerait haïr
Wagner, le génie que l’on est forcé d’aimer |
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Jon Vickers Parsifal