Concours international des jeunesses musicales de Montréal

Entrevue avec Jon Vickers

en date du 31 mai 2003 par Christian Bergeron

 

 

    À l’âge de 7 ans, Jon Vickers se rendait dans les prisons avec son père, pasteur, qui allait y organiser des célébrations religieuses. Le jeune garçon y chantait, et c’est lors d’une de ces visites qu’il s’est rendu compte pour la première fois que des gens étaient touchés par ce qu’il faisait. Aujourd’hui, après une carrière phénoménale de chanteur d’opéra, le célèbre ténor devient, le temps du Concours International de Montréal des Jeunesses Musicales, celui qui écoute, celui que les concurrents voudront émouvoir.

    En tant que membre du jury, Jon Vickers recherchera chez les participants ce qu’il considère comme l’aptitude première que doit posséder un chanteur. « Il faut être capable de s’oublier, dit-il, de s’échapper de soi-même pour faire place au personnage que l’on chante. Il faut faire comprendre au public que celui qu’il entend, c’est le personnage. »

           Une certaine humilité semble donc être de toute première importance pour Jon Vickers, qui ajoute : « Il faut savoir apprécier le fait que le public ne vient pas vous voir. Vous serez un bon chanteur si vous avez la capacité artistique de vous abandonner au compositeur et au librettiste, et de comprendre qui est le personnage. »

         Jon Vickers n’a jamais participé lui-même à un concours du genre de celui de Montréal. C’est néanmoins cette ville qui l’a vu prendre son envol dans les années 50, alors qu’il remportait le premier prix de l’émission « Nos futures étoiles » de Radio-Canada, assorti d’un engagement à chanter tous les dimanches soirs pendant vingt-six semaines. « Ce fut une expérience tout simplement magnifique, mais aussi une énorme responsabilité », se rappelle le chanteur.

     L’expérience du Concours de Montréal devrait s’avérer fantastique pour les jeunes chanteurs qui y participent. Mais Jon Vickers avoue plaindre ces derniers, parce qu’« il y a tellement de bons chanteurs qu’il est très difficile de percer. Cependant, même ceux qui ne gagnent pas auront l’occasion d’apprendre des vainqueurs. » Ainsi, le ténor croit qu’il entendra beaucoup de voix remarquables lors du Concours. « Mais combien posséderont cette dimension additionnelle qui révèle un grand chanteur? C’est ce que nous verrons. »

Christian Bergeron

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